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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 14:38

Je mets souvent des articles de ce site alors autant le mettre dans cette rubrique.

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 13:57

Cela commence à quelle heure une révolution? Sans doute un peu en retard: si l’on croit les horaires sénégalais. La marche anti-Wade du 7 février devait commencer à dix heures. Mais elle débutera deux heures plus tard. Alors que l’épais nuage de poussière rouge et grise d’harmattan commence à se dissiper, comme un nuage de vapeur qui s’évaporerait alors que la température monte dans le chaudron dakarois.

Des centaines de jeunes Sénégalais sont rassemblés devant l’université Cheikh Anta Diop. Un symbole fort. Cette université est la plus prestigieuse d'Afrique de l’ouest. Un mastodonte que les Sénégalais surnomment le dragon. Un leader étudiant, Mamadou Diop, ce jeune père de famille a été écrasé le 31 janvier 2011 par un véhicule de police. Depuis lors, l’université est en révolte. Elle s’embrase régulièrement, ses murs en portent les stigmates. Depuis le début de l’année universitaire, les cours n’ont pas eu lieu. «L’année blanche sans cours devient presque inéluctable», explique un étudiant en droit.

 

L'université est un champ de bataille

 

Ce jour là une grande marche est organisée par le M23, un collectif qui regroupe les opposants au régime Wade: ceux qui refusent qu’il se présente à la présidentielle du 26 février. «Nous considérons qu’il a déjà effectué les deux mandats auxquels il avait droit. Il est au pouvoir depuis 2000. Douze ans, ça suffit», explique un jeune du M23. Il commence à s’échauffer au rap de la sono qui crache «Gorgui (le vieux en wolof) faut pas forcer». Une invitation à quitter le pouvoir pour le président âgé de 86 ans, qui souhaite effectuer un nouveau septennat.

Les manifestants veulent traverser la ville de Dakar; se rendre jusqu’au ministère de l’Intérieur et signifier aux autorités que le président Wade n’a pas le droit de se représenter. Même si le conseil constitutionnel a validé sa candidature. «Ils ont été nommé par le président Wade. Et ils ont cédé aux gratifications financières du régime», affirme l’un des jeunes en colère.

A l’annonce de la décision du conseil, des manifestations avaient éclaté dans Dakar. C’est lors de ses affrontements du 31 janvier que le leader étudiant Mamadou Diop est mort. Deux habitants de Podor dans le nord du Sénégal sont tombés sous les balles de la police.

L’université ressemble encore à un champ de bataille. De rudes combats s’y déroulent presque chaque semaine.

«L’un des grands axes qui y mène est d’ailleurs appelé couloir de la mort c’est un cul de sac si les étudiants se font attraper. Là, ils passent un très sale quart d'heure: la mort de l’étudiant Diop les a d’autant plus choqué qu’un autre étudiant avait été tué exactement le même jour, il y a onze ans» explique un étudiant qui s’enferme dans sa chambre universitaire pour éviter les mauvais coups.

L’université est en ébullition, elle attend avec impatience le début de la marche. Mais le cortège peine à se mettre en branle. «Avant de partir il faut que tous les ténors des partis d’opposition arrivent», explique l’un des responsables du service d’ordre mis en place par le M23. Ousmane Tanor, le leader du parti socialiste se ferait désirer. Qui va ouvrir le cortège les socialistes de Tanor ou les libéraux de Idrissa Seck? La bataille des égos bat son plein. Certains marcheurs font grise mine. «Nous commençons déjà à nous diviser: Macky Sall l’un des plus importants leaders de l’opposition ne participe pas à la marche. Il préfère aller faire campagne dans les milieux rurales», explique un manifestant mécontent.

«S’il commence à faire cavalier seul, c’est peut être parce qu’il sent qu’il a toutes les chances de se retrouver au second tour de l’élection», explique un autre manifestant, plus compréhensif. Il ajoute: «Macky Sall, lui au moins, il a une stratégie, il ne se contente pas de crier tout sauf Wade; l’anti-wadisme c’est un peu court comme programme».

 

L'Afrique et le monde observe le Sénégal 

 

Le mouvement « Y’en marre », qui regroupe des jeunes qui veulent empêcher Wade de se présenter, n’est pas non plus de la partie. Il estime qu’il faut boycotter les élections puisque «Wade n’a pas le droit de s’y présenter». Lors des précédentes manifestations, ce sont des jeunes de Y en a marre qui drainaient les foules 

Si la manifestation met tant de temps à se mettre en branle, c’est aussi en raison des craintes de violence. Présent dans la marche, Abdou Latif Coulibaly, célèbre journaliste d’investigation qui a troqué sa casquette de reporter pour celle de politicien (éphémère candidat à la présidentielle, il a choisi de soutenir Moustapha Niasse, ex-Premier ministre et candidat d’opposition) avoue ses craintes.

«Jusqu’au dernier moment ma fille de sept ans a tout fait pour me dissuader de venir. Elle m’a dit papa je ne veux pas que tu te fasses tuer.»

        «Nous ne sommes pas habitué à la violence, la répression meurtrière des dernières manifestations a fait peur aux Sénégalais», confie un manifestant.

Un de ses camarades ajoute:

«On sait que toute l’Afrique regarde le Sénégal. Notre pays est considéré comme l’un des plus avancés en matière de démocratie. Si jamais Wade réussit son coup de force pour effectuer son mandat de façon anticonstitutionnel, ce sera un grave recul pour la démocratie. Mais que faire pour l’en empêcher. Si on boycotte les élections, est-ce qu’on ne fait pas son jeu?».

Des photographes occidentaux mitraillent les manifestants avec leurs zooms. Un des manifestants s’en amuse :

«Le monde entier nous observe. Tout le monde veut savoir si le printemps arabe va franchir les frontières? C’est la question que tout le monde se pose. On veut faire partir Wade, mais on ne veut pas mourir pour des politiciens. Alors on ne sait pas encore comment tout ça va se terminer».


Youssou Ndour ose défier la police

 

Au fur à mesure, la manifestation prend de l’ampleur. Emportés par la foule, les doutes se dissipent. Les écoliers debout devant les écoles encouragent les manifestants, d’un mot, d’un sourire complice.

Des jeunes rejoignent le cortège qui traverse les rues du centre de Dakar. Ils crient «Wade Assassin. Wade dégage   ou «Wade, vieux menteur dégage». D’autres manifestants réclament la libération de Thierno Bocoum, un jeune militant de l’opposition, incarcéré à la suite des manifestations de la semaine dernière.

Trois heures de marche, les manifestants arrivent à proximité du ministère de l’Intérieur, mais un puissant barrage policier les empêche de poursuivre leur chemin.

«Ils n’ont pas le droit de faire cela nous avons tout a fait le droit d’aller jusqu’au ministre. C’est un droit que nous garantit la constitution», tempête une manifestante.

Les habitants du quartier grognent aussi. La police veut les empêcher de circuler tant que la manifestation n’est pas dispersée: les magasins ont fermé leurs portes, baissé les rideaux. Les habitants se sont refugiés sur les toits et les balcons pour assister la confrontation. Des oiseaux de proie planent dans le ciel laiteux de Dakar.

Les manifestants demandent aux leaders politiques de donner de la voix et d’approcher des policiers en arme. Une fois encore, c’est le chanteur Youssou Ndour qui ose défier la police, il s’approche d’un air confiant des hommes en armes. Lequel d’entre eux osera toucher au chanteur internationalement connu: celui dont la candidature a été invalidée par le conseil constitutionnel?

Youssou Ndour harangue la foule, lui redonne du courage, les autres leaders politiques lui succèdent. Personne ne demande aux militants d’aller défier une fois de plus la police. Personne ne veut prendre la responsabilité d’un nouveau bain de sang.

«Même Wade fait attention. Il n’a pas envie de se retrouver devant la CPI avec Gbagbo. Il a déjà sur la conscience les morts de la semaine dernière», estime un manifestant, soulagé d’avoir échappé aux coups de matraque et aux lacrymogènes.

Il s’interroge malgré tout sur la stratégie de l’opposition. A mi-voix, gagné par le doute et accablé par la chaleur sèche de l’harmattan, il se demande: «Et on va où maintenant ?»


Pierre Cherruau, directeur de la rédaction de SlateAfrique, à Dakar

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 14:49

Avec les évènements dans le pays, je n'avais pas mis de recette la semaine dernière. En voilà une pour aujourd'hui que vous pouvez manger aussi bien en entrée qu'en plat.

 

 

Quiche poireaux jambon

 

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Ingrédients :

1 pâte feuilletée
125 g de jambon
3 poireaux
3 oeufs
20 cl de crème liquide
50 g de beurre
125 g de fromage râpé
1 pincée de noix de muscade
Sel, poivre

Préparation :

Préchauffez le four th 7.
Émincer les poireaux très finement et les rincer sous l'eau froide.
Les faire cuire dans une poêle avec du beurre pendant 20 minutes.
Découper le jambon en petits dés.
Dans un bol, mélanger les oeufs, la crème liquide, la muscade et 60 g de fromage.
Disposer les dés de jambon sur la pâte. Ajouter les poireaux et la préparation aux oeufs.
Mettre le restant de fromage et faire cuire 30 minutes.

Servir avec une petite salade verte.

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 14:10

Récemment, via mon blog, une ONG espagnole m'a contacté afin que je publie un communiqué de presse expliquant leurs actions. Après rapide réflexion, j'ai décidé de vous le divulguer.

 


 

Guné1

 

Depuis novembre 2011, l’agence Rent4days collabore avec la fondation Guné, une ONG qui lutte pour transformer la région de Kolda, une des plus pauvres du Sénégal en Afrique.


Rent4days est une agence spécialisée dans la location d’appartements pour séjours de courte et de moyenne durée. Créée en 2002 à Barcelone, l’entreprise se voit en pleine expansion et s'est ainsi introduite sur le marché de Madrid très rapidement.


Dès lors que ce projet fut mené à bien, l’entreprise a décidé de dépasser les frontières et d’ouvrir une troisième agence pour louer des appartements à Lisbonne. Grâce à cette expansion, l’entreprise détient de plus en plus de responsabilités globales et sociales.

 

C’est pour cette raison qu’il n’est pas surprenant de voir que Rent4Days ai décidé de collaborer avec la fondation Guné afin de lutter contre la pauvreté.Le concept “check-in for Africa” est très simple : chaque client qui réserve un appartement à Madrid, Barcelone ou Lisbonne a la possibilité de verser un euro à la fondation soit par le biais d´internet (directement à travers le système de réservation lors du booking) soit par téléphone.


Même si cela reste insuffisant, lorsque l’on considère le nombre de réservations et les dons, le résultat de cette action peut avoir un impact important pour une région aussi pauvre que Kolda.


Le Sénégal est un pays de l’Afrique Occidentale. Il doit son nom au fleuve Sénégal qui sépare le nord et l’est du pays. Il y a 13 000 millions d´habitants répartis sur 200 000 km2. Le revenu moyen par habitant n’est que de 1024 dollars avec une population qui ne cesse de croître et une faible structure économique qui ne pourra ni s'améliorer ni se développer sans aide extérieure. Kolda est une des 14 sous-régions les plus pauvres de cette zone. Seuls quelques privilégiés ont un accès décent à la santé et à l’éducation.


Le mot “guné” signifie enfant en wolof la langue officielle de la région. L’objectif de cette fondation est avant tout de protéger les enfants , le bien le plus précieux de cette société. C'est-à-dire de les soutenir mais aussi d´améliorer leur éducation, leur santé et de participer à l’épanouissement de la femme dans cette région peu structurée. Une équipe de bénévoles s’est engagée à faciliter la vie quotidienne des habitants de cette région, à améliorer leur niveau d’éducation et leur santé. Parmi tous ces projets, il y a un centre de formation professionnelle, un centre dédié à l’épanouissement des femmes (regroupant plus de 1500 femmes qui sont dans des zones problématiques), 10 logements communs pour tous les sans-abris, améliorer l´accès aux biens de premières nécessités, la nourriture et l´eau, les centres médicaux afin de diminuer les problèmes de santé existants mais aussi de réduire le taux de mortalité des nouveaux nés et pour finir la construction d´écoles afin de réduire la dyslexie présente chez les enfants qui sont en âge d´aller à l´école. Tous ces projets ont une importance vitale et sont financés en partie par les dons et la générosité des gens.


Pour obtenir plus d´informations à propos de cette fondation et de ses activités, vous pouvez contacter l´agence rent4days en Espagne ou au Portugal, ou vous adressez directement á Guné par le biais de ce lien : http://www.fundaciogune.org/es

 

La nature de ce projet est totalement désintéressée et non lucrative. Cependant, chaque don permettra de maintenir le statut de cette fondation non gouvernementale et indépendante et de soutenir au mieux ses actions. Rent4days et ses clients soutiennent cette cause : en donnant un peu ils contribuent à obtenir un maximum. Si vous souhaitez louer un appartement à Madrid, à Barcelone ou à Lisbonne, vous pouvez maintenant le faire tout en contribuant à faire de ce monde un endroit meilleur.

 

La plupart du temps nous ne faisons état que de notre point de vue subjectif et nous nous limitons à notre propre environnement. De nos jours, grâce à l’importance des relations internationales, la nécessité d'acquérir une conscience globale est inéluctable. Nous devons apprendre à ne pas considérer uniquement nos problèmes personnels, et aller bien au-delà, en analysant, pesant le pour et le contre, et en apprenant à connaître au maximum les autres cultures, afin de mieux pouvoir les aider et de mieux les soutenir au nom de l’humanité. La fondation Guné a fait de grands progrès dans ce sens et l’agence Rent4Days la soutient activement. C’est grâce à chacun d'entre-nous, que jour après jour, nous pouvons contribuer à un lendemain meilleur.

 

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Published by Laurent - dans Ma vie
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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 17:32

1 Il est trop vieux et il le sait

 

Quel est l’âge du capitaine? Officiellement il va sur ses 86 hivernages. Seul Robert Mugabé, le Zimbabwéen fait mieux. Mais Wade a un avantage sur Mugabé, qui est né en 1924, lui est « né vers… ». C’est-à-dire que personne, hormis ses parents, ne peut dire à quelle date le petit Abdoulaye est venu au monde. En 1926, l’état civil était encore balbutiant au Sénégal, et les parents n’étaient pas à quatre ou cinq ans près pour enregistrer leur progéniture. Wade ne manque jamais de rappeler que son père a vécu plus de 100 ans et que dans sa famille les gènes sont solides. Soit. Mais il y a une différence, sur ses vieux jours, entre cultiver l’arachide dans son jardin à l’ombre du flamboyant et diriger le pays. Wade sait qu’il a laissé beaucoup d’énergie au palais et n’aspire plus désormais qu’à couler des jours heureux et paisibles en compagnie de Viviane qui rajeunit grâce au miracle de la spiruline. 

 

2 Il est trop laid, tout le monde le voit

 

Au pays des thiofs et des thioffettes, Abdoulaye Wade fait pâle figure si l’on peut dire. Certes la beauté est un privilège et nul ne saurait être tenu pour responsable de sa laideur. Mais après avoir fait afficher son portrait dans toutes les mairies, écoles et autres bâtiments officiels du  Sénégal durant douze années, le président Wade a compris que le cauchemar ne pouvait plus durer. Le message est passé: il existe quelques hommes laids au Sénégal. Désormais le monde entier le sait. Mission accomplie. 

 

3 Il s’est lui-même fourvoyé dans ses changements constitutionnels.

 

Contrairement à ce que l’on croit à Dakar, si Wade a fait venir des constitutionnalistes européens pour trancher le débat, ce n’est pas parce qu’il avait contre lui TOUS les constitutionnalistes sénégalais, mais parce que plus personne, à commencer par lui, ne comprenait plus quoi que ce soit à la constitution. À force de la tripatouiller en tous sens, les Sénégalais ont fini par en faire une sorte de thieb mélangé à du soupou kandji. Wade ne sait plus s’il peut se présenter ou si, au contraire, il n’en a plus le droit. Avec sa prudence légendaire, il préfère rester loin d’un plat qui dégage une odeur si nauséabonde. Il a donc décidé de se retirer pour rester dans la légalité. 

 

4 Il n’aime pas le mbalax.

 

Faute de pouvoir briguer la présidence, Youssou Ndour a de fortes chances de devenir Premier ministre. Abdoulaye Wade devrait donc supporter de longues séances de mbalax durant les conseils des ministres. Or, personne n’a jamais vu Wade danser – et encore moins chanter. Nul ne sait même s’il a le sens du rythme. Tout cela prouve que Wade n’aime pas le mbalax. Il ne veut pas prendre le risque de côtoyer Youssou Ndour dans la sphère politique. Et pour peu que Baaba Maal veuille devenir ministre de la culture, imaginez le cauchemar que le pauvre Wade pourrait vivre! Mieux vaut donc partir, la tête et  les oreilles hautes plutôt que de fuir les boules Quiès à la main.

 

5 Il veut se venger de ses adversaires

 

Tout le monde le sait : Wade a une tendance à la mesquinerie qui gâte parfois sa grandeur d’âme. Les petites vengeances, les bassesses de l’ombre, les complots sordides ne le laissent pas indifférent. L’homme a été profondément blessé d’avoir vu ses fils spirituels, Idrissa Seck, Macky Sall ou encore Cheikh Tidiane Gadio, le quitter pour rejoindre l’opposition. Certes, Wade leur avait mené la vie dure, mais enfin, ce n’est pas une raison pour le trahir. Faire croire jusqu’au bout qu’il va les battre sur le fil, voilà une belle petite vengeance. Car en attendant qu’il annonce officiellement son retrait, Wade aura fait passer à ses adversaires de longues nuits d’angoisse à se demander comment battre « le Vieux ». À son âge, on a les petits plaisirs que l’on peut. 

 

6 Il a toujours été pour le changement et n’a pas… changé

 

« Sopi ! Sopi ! Sopi ! » Qui n’a pas entendu Wade, en l’an 2000, crier ce mot et « sauter comme un cabri », comme aurait dit De Gaulle? Eh bien croyez-le ou non, il n’a pas changé! Il est pour le chan-ge-ment ! C’est donc un homme fidèle à ses convictions qui s’apprête à rendre son tablier. Il veut un nouveau président à la tête de l’État. Et comme il veut un vrai changement, il ne veut pas de son fils Karim pour lui succéder car ce ne serait qu’un demi changement. Il ne veut pas non plus d’un socialiste car ce serait un retour en arrière, ni l’un de ses anciens Premiers ministres car ce serait un « changement immobile ». Alors qui veut-il? Là-dessus, le président reste discret et cache le nom de son dauphin. 

 

7 Il ne veut pas que le Sénégal donne le signal d’un printemps sub-saharien

 

En ces temps troublés où Nicolas Sarkozy prend son glaive pour combattre le libyen Kadhafi, où les Tunisiens chassent Ben Ali et où les Égyptiens jettent en prison le Raïs, Abdoulaye Wade dévore les journaux, se repaît des malheurs des petits dictateurs et se félicite d’être un président éclairé, un « vieux sage » africain, respecté par les Blancs, aimé de son peuple. Ce n’est pas lui que l’on prendrait la main dans le sac du hold-up électoral! Ce n’est pas lui qui taillerait sa Constitution comme on se fait tailler un boubou sur mesure! Non, Abdoulaye Wade est plus intelligent que ça. Il sait depuis le début quel jour et à quelle heure il quittera le palais présidentiel, provoquant la stupeur chez ses admirateurs et la consternation chez ses partisans. Viviane a d’ailleurs déjà préparé secrètement les valises. 

 

8 Il ne veut pas devoir s’exiler

 

Hormis les courtes périodes où il vécut à Versailles, chez son épouse, Abdoulaye Wade a toujours vécu sous le soleil du Sénégal. Le plateau de Dakar n’a plus de secrets pour lui. Il connaît chaque maison de la médina, du point E, et appelle par leur prénom les boutiquiers de Sandaga. Il n’aime rien tant que d’aller négocier la dibiterie (boutique qui vend de la viande grillée) dans sa ville natale de Kébémer. Wade a des copains partout au Sénégal, mais il en a très peu ailleurs. Son caractère a fini de le fâcher avec la plupart de ses pairs africains qui ne comprennent pas sa personnalité hors du commun et n’admettent pas qu’il soit le plus intelligent de tous. Contrairement à certains autres présidents, Wade n’aime pas le climat de la Suisse, il n’aime ni l’avenue Montaigne, ni les Champs-Elysées, et Monaco comme la Côte d’Azur le laissent de marbre. Dans ce cas, pourquoi prendre le risque de se voir un jour fermer les frontières de son propre pays? Pour finir sur les bords de Seine en compagnie d’Abdou Diouf, qu’il n’apprécie pas beaucoup? Très peu pour lui… Wade veut donc prendre sa retraite parmi les siens, entouré de l’affection de ses opposants et de ses alliés, adulé par les médias et salué par les petits talibés qu’il croisera chaque matin lorsqu’il ira prendre son thé au marché Kermel… Voilà la vie rêvée d’un président retraité. 

 

9 Il ne veut pas finir à la CPI car il n’aime pas le climat néerlandais

 

Laurent Gbagbo, Charles Taylor n’avaient jamais pris la peine d’étudier en détail les conditions de vie au Pays-Bas et notamment les brumes hivernales si rudes pour les rhumatismes. Wade, lui, sait tout. Il a pris de l’avance à l’université, lorsqu’il y étudiait et collectionnait les diplômes. Il sait qu’il ne fait pas bon vivre à La Haye. Alors pourquoi prendre le risque de s’y faire muter contre son gré? De plus, au-delà de l’humiliation qu’il y aurait à se faire juger par la Gambienne Fatou Bensouda, il vivrait plutôt mal la promiscuité quotidienne avec son ennemi de toujours Laurent Gbagbo. Wade sait peser le pour et le contre. Mieux vaut le Zambèze que la Corrèze et mieux vaut Kébémer que les polders. 

 

10 Il a déjà un job en vue

 

Wade a déjà un projet d’avenir. Contrairement à beaucoup de présidents retraités qui dépriment, il sait exactement ce qu’il va faire une fois qu’il aura vidé son bureau et passé pour la dernière fois, les grilles du palais. Il va se diriger vers la corniche et rouler jusqu’au monument de la Renaissance africaine. Là-bas, il va entrer, enfiler un uniforme et mettre une casquette, puis s’installer dans la guérite du gardien. Wade veut devenir le gardien du monument de la Renaissance africaine et percevoir librement un tiers des recettes engendrées par ce monument unique au monde, et qui fait du Sénégal le pays le plus en pointe du continent. D’ailleurs, si l’on regarde bien la famille statufiée par le monument, ne ressemble-t-elle pas à la sienne? Cet homme qui pointe  l’index vers l’Amérique n’indique-t-il pas, en réalité, son désir de partir et de quitter le pouvoir?

 

Auteurs : Kidi Bebey et Alex Ndiaye

Source : SlateAfrique

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 16:03

Vu le traitement de l'actualité sénégalaise par la presse française, je vous encourage vivement à aller sur ce site pour pêcher toutes les vraies informations. Depuis que la crise a commencé ici, et après avoir consulté de nombreux sites ou chaînes de télévision française, je n'ai pu voir sur le seul journal Le Monde une interview publiée où la personne ne déformait pas les évènements. Quant au reste, cela fait parfois peur de voir à quel point tout est transformé.

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 15:54

Voici un bref compte-rendu des évènements au Sénégal.

 

Hier, a eu encore lieu de nombreuses manifestations à travers le pays et particulièrement à Dakar afin de contrer la candidature d'Abdoulaye Wade. En effet, le Conseil Constitutionnel, dont les membres sont nommés par le Président et dont les salaires ont été grassement augmenté, a publié définitivement la même liste que celle publiée vendredi. Tous les recours (contre Wade, contre ses opposants ou pour Youssou Ndour) ont été déclaré "fondés mais irrecevables".

 

Les manifestations d'hier ont malheureusement dégénéré et ont accouché sur un mort (ou deux). Celui-ci, étudiant à la faculté de Dakar et père de famille, a été écrasé par le camion envoyant de l'eau pour disperser la foule. Suite à cet évènement, de nombreux feux ont été allumé à travers la ville. Ce matin, c'est le retour au calme mais jusqu'à quand ?

 

Pour vous rassurer, je n'habite pas du tout un quartier "sensible" et nous sommes totalement en sécurité.

 

La suite au prochain épisode !

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 18:13

Du jamais vu à Dakar: Youssou Ndour s’est fait bousculer par des policiers zélés, le 28 janvier, lorsqu’il a rendu visite, comme les autres candidats à la présidentielle, au dirigeant du Mouvement du 23 juin (M23), Alioune Tine, qui a passé la nuit à la Direction des investigations criminelles (Dic). Youssou Ndour, après avoir fait une sortie virulente contre le régime Wade sur sa chaîne de télévision le 27 janvier, s’est dit «menacé» le 30 janvier par un régime qui n’hésite pas à recourir à la violence.

L’antagonisme n’a jamais été aussi poussé entre Youssou Ndour et Abdoulaye Wade, le candidat du Sopi, le changement, qu’il soutenait pourtant au moment de son accession au pouvoir, en 2000. En invalidant la candidature du chanteur, le pouvoir montre des signes de grande nervosité, à un mois de la présidentielle du 26 février.

Le Conseil constitutionnel a donné au roi du mbalax la stature politique qui lui faisait défaut chez lui. Très remarquée par la presse internationale, sa candidature n’était jusqu’à présent pas prise très au sérieux au Sénégal, faisant l’objet d’une déluge de critiques, d’une certaine perplexité et de soutiens plus rares

Abdoulaye Wade, le président sortant, âgé de 85 ans, brigue un troisième mandat, alors qu’il en a déjà rempli deux, le nombre maximum de mandats successifs selon la Constitution du Sénégal, qu’il a lui-même fait modifier pour introduire cette limitation. Sa candidature est très contestée, et c’est surtout sa validation qui a enflammé Dakar le 28 janvier au soir, le temps d’une nuit. Dès le lendemain, le calme était de retour  et les grands marchés de Dakar, Sandaga et Colobane, étaient ouverts.

 

Colère d’une large partie de l’opinion sénégalaise 

 

L’invalidation de la candidature de Youssou Ndour n’a fait qu’ajouter à la colère d’une large partie de l’opinion sénégalaise. Selon le Conseil constitutionnel, Youssou Ndour a présenté une liste de 12.936 électeurs ayant signé en sa faveur (alors que le seuil minimal est de 10.000), sur lesquelles seulement 8.911 ont pu être vérifiées. L’argument paraît d’autant plus fallacieux que Youssou Ndour, l’une des personnalités les plus populaires du pays, fait partie des candidats ayant eu le moins de difficultés à rassembler des signatures.

«Très peu de Sénégalais sont convaincus que le Conseil constitutionnel a dit le droit, explique à Slate Afrique le journaliste sénégalais Mame Less Camara. D’ailleurs, les cinq sages du Conseil constitutionnel ont aussitôt été surnommés les cinq calamités». Selon cet analyste politique, l’invalidation de la candidature de Youssou Ndour n’était guère prévisible et montre à quel point le pouvoir se sent menacé.

«Deux raisons à cela: l’intérêt médiatique suscité par Youssou Ndour va placer le scrutin sous haute surveillance et rendre la fraude plus difficile. D’autre part, le chanteur exerce une nouvelle concurrence sur l’électorat traditionnel du PDS, que vont par ailleurs se disputer trois autres candidats.»

Parmi ces derniers, deux anciens Premier ministres de Wade, Idrissa Seck et Macky Sall, mais aussi Amsatou Sow Sidibé, juriste et militante féministe.

«Avec You qui risque de se servir dans la même assiette, il pourrait ne pas rester suffisamment de voix pour que Wade soit en course au second tour», explique Mame Less Camara. Et ce, d’autant plus que Youssou Ndour menace Wade sur son propre terrain, l’électorat mouride, la plus grande confrérie musulmane du Sénégal, à laquelle il appartient. Le marabout Cheikh Béthio Thioune, populaire chez les jeunes de Dakar, a déjà demandé à ses disciples de «prier» pour Youssou Ndour – une consigne interprétée comme un soutien politique.

 

Le chanteur gêne le pouvoir 

 

Youssou Ndour gêne aussi le pouvoir en gardant un cap des plus intransigeants: il conteste depuis le début la candidature d’Abdoulaye Wade et réfute son droit à se présenter pour un troisième mandat. C’est la motivation principale de sa candidature. Il l’a dit  et répété: «Nous n’accepterons jamais une élection avec Abdoulaye Wade».En tenant cette ligne dure, de manière plus catégorique que bien d’autres dirigeants de l’opposition, Youssou Ndour devient la figure du proue de la résistance organisée par la société civile, et notamment le Mouvement du 23 juin (M23) ainsi que les jeunes de Y’en a marre.

Les autres dirigeants de l’opposition tentent d’attraper le train en marche: sept d’entre eux (Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Ibrahima Fall, Idrissa Seck, Macky Sall, Cheick Bamba Dièye et Diouma Diakhaté) ont en effet déposé le 28 janvier un dossier au Conseil constitutionnel visant à récuser la candidature d’Abdoulaye Wade.

Qu’est-ce qui fait courir Youssou Ndour? Beaucoup se posent la question, et certains l’accusent d’avoir des intérêts financiers en jeu – il s’agirait pour lui de ne pas payer tout ce qu’il doit au fisc, selon les mauvaises langues. D’autres, au contraire, saluent le courage d’un artiste qui s’engage sincèrement pour son pays.

 

Le régime Wade est aux abois

 

Youssou Ndour, que ses fans appellent «président» depuis plusieurs mois, a été poussé dans l’arène politique par le pouvoir. Quand les autorités lui refusent une licence pour lancer sa télévision privée, en 2008, il lance un mouvement relevant de la société civile, Feke Ma Ci Boolé (“Je suis témoin donc je m’engage”). Il mobilise ses fans, lance une pétition et ne lâche pas prise: il continue d’investir dans sa chaîne, et finit par décrocher la licence en mai 2010, assortie d’une restriction qu’il ne va pas respecter. La Télévision Futurs Médias (TFM) est censée ne diffuser que des émissions culturelles. Elle va néanmoins aborder des sujets politiques, et sert aujourd’hui de véritable tribune à son propriétaire.

Parmi les quelques soutiens déclarés à Youssou Ndour figure le très populaire lutteur Balla Gaye 2, mais aussi le grand patron Bara Tall, qui a eu maille à partir avec le régime Wade. PDG au Sénégal du groupe de BTP Jean Lefebvre et ancien associé de Youssou Ndour dans le groupe Set Com, Bara Tall a été accusé de sur-facturation dans l’affaire des chantiers de Thiès . Il a tâté de la prison sous le régime Wade, et soutient Youssou Ndour en tant qu’entrepreneur tenant tête au pouvoir. Symptômatique des méthodes tant reprochées à l’administration Wade: les manoeuvres aussitôt engagées pour entraver les affaires de Youssou Ndour... Abdoulaye Wade aurait notamment «ordonné» à l’homme d’affaires Cheik Amar de se retirer de ses 35% de capital dans le groupe de presse du chanteur, Futurs médias

Pour Mame Less Camara, le régime Wade est aux abois: «Un proverbe dit chez nous que celui qui doit mourir à la guerre commet toutes les imprudences ce jour-là. Le pouvoir actuel accumule les gaffes, toujours plus grosses à chaque fois, comme s’il le faisait exprès.»

 

Auteur : Sabine Cessou

Source : SlateAfrique.com

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 11:26

Hier, le Conseil Constitutionnel a rendu son verdict en donnant la liste des candidats à l'élection du 26 février prochain. Par précaution, les écoles françaises avaient fermé leurs portes mais finalement la décision n'a été rendu que tard dans la soirée. Voici les résultats.

 

Première chose : la candidature de Youssou Ndour a été invalidé. La raison ? Il faut 10000 électeurs appuyant une candidature, or sur les 12936 présentés, seuls 8911 ont pu être identifiés. Un décision sûrement politique.

 

Seconde chose : en tout, 15 candidatures ont été déclarées recevable. On y trouve notamment trois anciens ministres de Wade devenus opposants, de farouches rivaux et une styliste...

 

Troisième chose : la candidature de Me Abdoulaye Wade a été validé et là, c'est la décision qui est en train de faire basculer le pays dans le chaos. En effet, suite à deux mandats, il se présente pour un troisième alors que la constitution n'en accorde que deux. Seulement, comme elle a été modifié lors de son deuxième mandat, les "sages" ont considéré que ce deuxième mandat était le premier de la nouvelle constitution et donc que le Vieux (c'est pas moi qui le dit c'est comme ça qu'on l'appelle ici) pouvait se présenter une troisième deuxième fois.

 

Ces résultats ont provoqué de grosses émeutes tant à Dakar que dans les villes de l'intérieur du pays. Les leaders du M23 (le mouvement contestataire créé depuis le 23 juin dernier) avait organisé une grosse manifestation qui a été largement suivi. Ils ont décidé de marcher sur le palais pour déloger Wade. De nombreux feux ont été allumé dans Dakar et surtout un policier a été tué par des jeunes. De nouvelles manifestations sont prévues aujourd'hui.

 

Enfin, les recours sont possibles ce week-end pour les candidatures et la décision finale devrait être rendue normalement demain.

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 23:08

Tant qu'on parle de la CAN, et comme ce n'est pas diffusé en Europe, pour les passionnés, allez sur ce site.

 

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