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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 11:49

Les cheveux de la tête blanchis par l’âge, la mine un peu défaite, la mise correcte mais très sobre, tel est l’apparence avec laquelle a comparu le sieur Gilbert Diène à la barre de l’audience correctionnelle du tribunal de Dakar, hier.

 

Ex-comptable au Cours Sainte Marie de Hann, il a été attrait à la barre par Mme Marie Hélène Guenot, responsable de ladite institution, qui la poursuit pour le délit d’abus de confiance au préjudice de l’école qu’elle dirige. A l’origine de l’affaire qui oppose ledit établissement privé à son ex-comptable, une affaire d’argent de près de 6 millions de francs Cfa. Et le coin du voile a été levé, hier, au détour du jugement du mis en cause. Interrogé à la barre, le sieur G. Diène a bien reconnu avoir pris dans les fonds destinés aux comptes de ladite institution 3,2 millions de francs Cfa, puis 2 millions de francs Cfa. Selon lui, c’est pour régler des problèmes personnels après avoir travaillé près d’un an sans percevoir son salaire et surtout pour avoir été menacé d’expulsion de chez lui par la banque, qu’il a agi de la sorte.

 

Au service de l’établissement depuis 29 ans, Gilbert Diène a justifié son acte par le fait que, conduit à la retraite par la direction de l’institution qui ne le lui a pas souligné au préalable cet acte, laissé sans salaire alors qu’il avait été invité par ses supérieurs à regagner son poste, il a pris l’argent nécessaire pour régler son problème. «L’école me doit de l’argent et je lui ai pris son argent. J’avais frappé à toutes les portes pour me faire entendre et aucun de mes supérieurs hiérarchiques ne m’a répondu. J’ai finalement agit en légitime défense et c’est en méconnaissance de la loi que j’ai agi de la sorte», a-t-il servi au juge pour se disculper.

 

L’acte commis, c’est quelque temps après que le pot aux roses a été découvert. En effet, la direction du Cours Sainte Marie de Hann qui procédait à un contrôle s’est ainsi rendu compte du non versement des droits d’inscriptions de 5 enfants de deux parents différents. Cela ayant entraîné l’expulsion desdits élèves. Ce qui a fait réagir les parents de ces derniers qui, en réalité, payaient d’un coup les mensualités de leurs progénitures.

 

Devant le feu roulant des questions, l’ex-comptable Diène a reconnu avoir pris l’argent sans avoir enregistré leur encaissement, comme il sied. L’avocat de la partie civile qui a déploré l’attitude de G. Diène a réclamé 7 millions de francs Cfa pour son dédommagement, mais aussi parce que cela «a porté préjudice à la crédibilité de ladite institution». Après que le parquet a requis l’application de la loi pénale, rendez-vous a été finalement pris pour le 7 juin prochain pour le délibéré du tribunal.

 

Source : Le populaire

Auteur : Youssoupha Mine

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 17:54

A la différence de l'homme, le lézard est prêt à sacrifier sa queue pour sauver sa vie.
Jeanne d'Arc, elle a frit, elle a tout  compris.
L'alcool est comme Activia : c'est actif à l'intérieur et  ça se voit à l'extérieur.
Les américains ont Steve Jobs, nous on a Paul Emploi.
L'alcool tue mais combien sont nés grâce à lui ?
C'est en buvant n'importe quoi que l'on chope n'importe qui !
Ikéa est le meilleur prénom pour une femme : suédoise, bon marché, à emmener aussitôt chez soi et facile à monter.
La SNCF et Air France vous souhaitent une bonne année 2012, et s'excusent pour les retards.
Ma femme et moi on a connu 25 ans de bonheur, après on s'est rencontrés.
Les pets ont une odeur pour que les sourds puissent en profiter.
La lampe torche. Le PQ aussi.
On dit toujours qu'il faut boire avec modération, mais putain c'est qui ce modération ?!
La pression, il vaut mieux la boire que la subir.
Jésus changeait l'eau en vin. Tu m'étonnes que 12 mecs le suivaient partout.
La négociation est comme un string, si tu tires trop sur la ficelle, tu l'as dans le cul.
L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.

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Published by Laurent - dans Humour
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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 11:00

Macky Sall intronisé Président de la République lundi dernier, il a dû se mettre vite au travail et nommé un Premier ministre. C'est Abdoul Mbaye qui a hérité du poste. Diplômé d'HEC (Paris), de la Sorbonne et de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, il a fait l'essentiel de sa carrière dans la banque publique ou privée. C'est un technicien qui a pour mission de redresser le pays ou du moins de donner le maximum d'espoir au peuple. Les législatives étant prévues début juillet, cela ne lui laisse pas beaucoup de temps.

 

Il a constitué un gouvernement resserré de 25 ministres (contre plus de 50 sous l'ère Wade) issus des diverses sensibilités de l'opposition. On y retrouve notamment Aly Haïdar à l'écologie et Youssou Ndour à la culture.

 

Voici la composition complète du nouveau gouvernement sénégalais :

 

Me Alioune Badara Cissé Ministre des Affaires Étrangères et des Sénégalais de l'extérieur
Mbaye Ndiaye Ministre de l’Intérieur
Benoit Sambou Ministre de l’Agriculture
Awa Marie Coll Seck, Ministre de la Santé et de l’Action sociale
Augustin Tine Ministre des Forces Armées
Aminata Touré Ministre de la Justice
Amadou Kane Ministre de l'Économie et des Finances
Youssou Ndour Ministre de la Culture et du Tourisme
Mariame Sarr, Ministre de la Femme, de l’Enfance et de l’Entreprenariat féminin
Ibrahima Sall Ministre de l'Éducation nationale
Benoit Sambou Ministre de l’Agriculture et de l'Équipement rural
Cheikh Bamba Dièye Ministre de l’Aménagement du Territoire et des Collectivités locales
Mata Sy Diallo Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat
Aminata Mbengue Ndiaye Ministre de l'Élevage
Pape Diop Ministre de la Pêche et des Affaires maritimes
Mor Ngom Ministre des Infrastructures et des Transports
Aly Ngouye Ndiaye Ministre de l’Énergie et des Mines
Aly Koto Ndiaye Ministre de la Jeunesse de la Formation Professionnelle et de l’Emploi
El Hadji Malick Gakou Ministre des Sports
Khoudia Mbaye Ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat
Serigne Mbaye Thiam Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche. Porte-parole du gouvernement
Aly Haidar, Ministre de l'Écologie et de la Protection de la Nature
Mansour Sy Ministre de la Fonction publique du Travail et des Relations avec les Institutions
Omar Gueye Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement
Abou Lo Ministre de la Communication des Télécommunication et des TIC
Abdoulaye Daouda Diallo Ministre délégué auprès du ministre de l'Économie et des Finances chargé du Budget

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 14:08

Pour un docteur en sciences économiques, il faut dire qu’Abdoulaye Wade a eu une gestion peu orthodoxe du Sénégal. Son héritage fut son boulet et conduisit à sa perte. Mais ces douze années de «wadisme» sont aussi un sujet d’angoisse pour le nouveau locataire du palais de Dakar, tant le pillage des ressources de l’Etat fut érigé en règle de gouvernance.

 

Remettre de l’ordre

 

C’est ce qui a frustré le peuple sénégalais désormais décidé à exercer une surveillance étroite sur la gestion de la chose publique. Comment rétablir la confiance entre le citoyen et l’Etat? C’est un gros travail de moralisation de la vie publique qui attend Macky Sall, et qui pourrait occuper une bonne partie de son mandat.

Du reste, il en est pleinement conscient, lui dont la rupture avec le père spirituel est partie justement d’une affaire de gestion, celle des comptes du sommet de l’OCI (Organisation de la conférence islamique). Un duel sur l’éthique et la morale dans la gestion des deniers publics, dont le dénouement fut le parricide politique du 25 mars 2012, avec la victoire de l’élève sur le maître.

C’est dire que la remise en ordre de la maison Sénégal, du point de vue du train de vie de l’Etat, sera une des priorités du président élu. Le mot «audit» est d’ailleurs souvent revenu dans la bouche de Macky, pendant sa campagne électorale et après son élection. C’est un passage obligé, pour faire l’état des lieux des années Wade.

Pas un secteur de la vie économique qui ne soit affecté par des affaires de détournement, de surfacturations ou de gabegie. L’heure est venue enfin d’en savoir davantage sur les pratiques passées, d’en tirer les leçons pour repartir d’un bon pied. La grande question est de savoir si cet audit sera assorti de poursuites judiciaires en cas de découvertes de malversations.

 

Faire le ménage

 

En tout cas, en chassant Wade, les Sénégalais ont exprimé aussi leur rejet de sa gouvernance économique. Ils attendent de Macky Sall qu’il fasse le ménage. La clique au pouvoir s’est immensément enrichie alors que la majorité du peuple croupit dans la misère. Cette injustice sociale est difficile à supporter par les Sénégalais.

Désormais, ils n’entendent plus ployer sous le joug de dirigeants assoiffés d’honneur et de gains. En principe, Abdoulaye Wade devrait être le premier à applaudir à l’audit proposé par son successeur, si tant est qu’il n’ait rien à se reprocher. Du reste, s’il sort blanchi des différentes investigations, ce ne sera qu’à son honneur. Mais on sait bien que le gaspillage des deniers publics pèse lourd dans le bilan de Wade.

La difficulté pour Macky Sall sera de rendre justice sans pour autant s’adonner à une chasse aux sorcières. Laisser le droit s’exprimer et trancher, voilà ce qu’on attend de lui. En tout état de cause, la priorité est de réduire, de façon drastique, le train de vie de l’Etat. Il y va de la restauration de la confiance entre la classe dirigeante et les populations, en vue de s’attaquer aux grands chantiers prioritaires, dont celui de la lutte contre la vie chère.

 

Mahorou Kanazoé (Le Pays)

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 19:16

Avant même que sa défaite ne soit officielle, Abdoulaye Wade a décroché son téléphone le 25 mars au soir pour féliciter Macky Sall, le vainqueur de la présidentielle. Celui qui a régné sur le Sénégal pendant douze ans évite ainsi de sortir par la petite porte. Alors même que la campagne électorale avait suscité bien des inquiétudes en Afrique tout comme en Occident. Avant même le premier tour de la présidentielle, des médias occidentaux n’hésitaient pas à titrer à la Une: «Wade président à vie».

Son camp n’avait-il pas annoncé une victoire du président de 85 ans dès le premier tour. Avec un score très précis: 53% en faveur du président sortant. Les soupçons d’élection biaisée avaient été notamment alimentés par l’invalidation de la candidature du chanteur Youssou Ndour.

L’opposition accusait le président Wade de ne pas avoir respecté la Constitution. Selon leur interprétation de ce texte, le président sortant ne pouvait pas se représenter devant les électeurs dès lors qu’il avait déjà effectué deux mandats consécutifs. A la veille du scrutin, le climat était d’autant plus lourd que plusieurs manifestants «anti Wade» avaient trouvé la mort lors d’affrontements avec les forces de l’ordre.

 

L'exception sénégalaise

 

En acceptant aussi promptement sa défaite le président Wade a permis au Sénégal de conserver son image de démocratie modèle en Afrique francophone.

«Nous sommes fiers d’être une vraie démocratie. Comme en Europe, les résultats de l’élection ont été connus dès le soir du vote. C’est bien pour l’Afrique, il y a si peu de démocratie sur ce continent», s’enthousiasme Alassane, un étudiant dakarois.

Il est vrai qu'en matière de démocratisation, les bonnes nouvelles ont récemment été rares. Le coup d’Etat du 22 mars a mis brutalement fin à l’expérience démocratique malienne. Le président ATT (Amadou Toumani Touré) a été renversé à quelques semaines de la présidentielle. Il avait été élu démocratiquement: sa chute est donc un revers sérieux pour la démocratisation du continent.

Autre pays phare de la démocratisation en Afrique francophone, le Bénin a connu une présidentielle houleuse en mars 2011. Le président Boni Yayi a été réélu dès le premier tour. Mais son adversaire Adrien Houngbedji s’est autoproclamé président de la République.

En décembre 2010, la Côte d’Ivoire s’était elle aussi retrouvée avec deux présidents. Alassane Ouattara dont l’élection était reconnue par la communauté internationale et Laurent Gbagbo dont la «victoire» avait été validée par le Conseil constitutionnel ivoirien.

Après la présidentielle de novembre 2011, la RDC (République démocratique du Congo) s’est, elle aussi, retrouvée avec «deux chefs» de l’Etat. Joseph Kabila ayant proclamé sa victoire dès le premier tour. Alors qu’Etienne Tshisekedi s’autoproclamait président de la RDC.

Depuis l’indépendance acquise en 1960, le Sénégal a connu quatre présidents et deux alternances. Et jamais aucun putsch. Peu de pays d’Afrique francophone peuvent se targuer d’un pareil bilan.

 

Wade a joué habilement sa partition

 

En acceptant sa défaite, Abdoulaye Wade se ménage une place de choix dans l’histoire africaine, malgré ses errements des derniers mois. Il a su jouer habilement sa partition. Au final, il est remplacé par Macky Sall, un homme qu’il se plaît à présenter comme son «apprenti».

Quoi qu’il en soit, Macky Sall est l’un de ses ex-Premiers ministres (de 2004 à 2007), il appartient tout comme lui à la famille libérale. Sall n’a été exclu du PDS (Parti démocratique sénégalais) qu’en 2008 à la suite d’un différend avec Karim Wade, le tout puissant fils du président. Macky Sall voulait demander des comptes au «ministre préféré du président». Un geste qui a été alors perçu par le clan Wade comme un crime de lèse-majesté.

Lorsqu’il fera l’inventaire de «l'ancien régime», il est fort probable que Macky Sall ne fera pas preuve d’une sévérité excessive. Car après tout, jusqu’en 2008, il faisait lui-même partie de ce clan. Un autre président —issu de l’opposition historique à Wade— n’aurait sans doute pas fait preuve de la même indulgence.

Jusqu’au bout, Abdoulaye Wade est resté d’une grande habileté. En mars 2011, il m’a expliqué qu’il serait candidat en 2012. Je lui ai demandé sur le mode ironique s’il serait aussi candidat en 2017. Il a d’abord répondu «Non, bien sûr», avant de corriger très rapidement.

«Si, je serai aussi candidat en 2017. Si je disais le contraire, les courtisans me lâcheraient tous. Je ne vais pas commettre la même erreur qu’Abdou Diouf en 2000. Comme il avait dit que c’était son dernier mandat, ils l’avaient tous lâché» a affirmé Wade en riant du bon tour joué à son prédécesseur.

Abdoulaye Wade connaissait par cœur l’art de la «transhumance»: une pratique très courante au Sénégal qui veut que les hommes politiques changent très facilement de parti au gré de leurs intérêts du moment.

 

Tentation de s’accrocher au pouvoir

 

Il est certain que le président Wade a été habité jusqu’au bout part la tentation de s’accrocher au pouvoir. Certains de ses proches lui conseillaient de s’accrocher coûte que coûte. Mais il a vite compris que la société civile sénégalaise était bel et bien décidée à le faire «dégager» pour reprendre le terme à la mode à Dakar. Le «Wade dégage» avait même fait florès chez des enfants en bas âge.

La prise de conscience tardive de son impopularité croissante —notamment chez les plus jeunes— a sans doute été accélérée par l’accueil houleux dans son bureau de vote où il a été hué lors du premier tour. Jusqu’alors son entourage préservait le vieil homme des «mauvaises rencontres». Par ailleurs, dès le soir du premier tour, il s’est avéré très difficile d’organiser des fraudes massives. Les médias sénégalais, très dynamiques, communiquent les résultats des bureaux de vote dès leur fermeture. En direct, à l’antenne. Aucun résultat n’est épargné au téléspectateur ou à l’auditeur qui saura combien de Sénégalais de Parme ou de Barcelone ont voté pour Abdoulaye  Wade ou Macky Sall.

Dès les premières heures de la soirée du 25 mars, il était clair que la victoire de Macky Sall était écrasante. Le vote des immigrés lui donnait le plus souvent les trois quarts des suffrages. Même à Touba, la ville sainte des mourides (la confrérie de Wade), le président sortant peinait à faire la différence.

Wade savait que la messe était dite. Une fois encore, il a surpris son monde en jouant aussi rapidement les bons perdants. Le pragmatisme —voire l’opportunisme— est l'un des traits les plus marquants de son caractère. L'année dernière, il n’avait pas hésité à lâcher en rase campagne son «ami» Kadhafi. Alors même que le guide venait régulièrement le soutenir, Wade n’avait pas hésité à effectuer le voyage en «Libye libérée» pour dire au guide qu’il était temps de quitter le pouvoir.

 

Fasciné par François Mitterrand

 

Sa capacité d’adaptation est sans doute l’une des clés de sa longévité en politique. Fin connaisseur de la vie politique française, Abdoulaye Wade était fasciné par François Mitterrand: il admirait notamment «sa ténacité, sa roublardise et sa gestion du temps». Tout comme lui, il se voulait en politique, un sphinx, un roi de l’ambiguïté.

Wade va quitter le pouvoir avec les honneurs, malgré un bilan très contrasté. Très mitigé, notamment du fait de l’accroissement des inégalités sociales et de la gestion peu rigoureuse des deniers publics. Laurent Gbagbo aurait pu connaître un même destin: celui du sage adulé pour avoir su quitter le pouvoir à temps. Mais il y a tout juste un an, il était arrêté. Aujourd’hui, l’ex-président ivoirien croupit dans une prison de la Cour pénale internationale (CPI), il attend d’être jugé.

Lui aussi fin connaisseur de la vie politique française, Laurent Gbagbo avait d’autres lectures et d’autres tropismes: il était fasciné par la révolution française. C’est là qu’il trouvait son inspiration. Même s’il sait sans doute que les «héros» de ces temps lointains finissent, le plus souvent, très mal. La tête sur la guillotine.

Jusqu’au bout, Wade aura laissé toutes les portes ouvertes. Autant de voies tracées pour échapper à un destin tragique à la Gbagbo. A l’image de son inspirateur François Mitterrand, il aura laissé «le temps au temps». Et aussi, apport plus personnel, la démocratie aux Sénégalais.

 

Pierre Cherruau

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 20:08

Aux environs de 21h30, à Dakar, le téléphone sonne : «Monsieur le président, félicitations. (...). Je vous souhaite de réussir à la tête du Sénégal.» C’est en ces termes qu’Abdoulaye Wade se serait adressé à Macky Sall à l’annonce des premiers résultats rapporte le journaliste sénégalais Cheick Yérim Seck sur le site Dakaractu. En réponse, le président nouvellement élu aurait admiré la hauteur d’esprit et la capacité de dépassement de son prédécesseur et ancien mentor.

Mauvais joueur, mais pas mauvais perdant: c’est ce que juge une partie de la presse, en constatant que Wade a sacrifié au rituel du fair-play démocratique.

«L’acte est celui d’un grand homme qui, malgré ses défauts sait accepter sa défaite. Mieux, il a reconnu que “l’élève Macky a dépassé le maître Abdoulaye”» estime Morin Yamongbé, du bimestriel burkinabè Fasozine.

 

Le bilan de Wade critiqué

 

Mais tous les commentateurs ne sont pas aussi tendres avec le président sortant. C’est ainsi que dans une tribune publiée sur Dakaractu, le professeur Gorgui Dieng, parle de «La tragédie du président Wade» en référence à une œuvre littéraire d’Aimé Césaire. Il y accuse le président déchu d’avoir commis des erreurs majeures parmi lesquelles la trahison des alliés, le népotisme et le mépris du peuple.

Le blog Patrie Sénégal est encore plus sévère en affirmant que Wade ne quitte pas ses fonctions par la grande porte: «entré dans le palais la tête haute, comme un lion, accompagné d'une jeunesse en liesse, aujourd'hui,(…) il rase les murs pour en sortir.»

Le site d’information Senenews affiche le même ton de la déception. Gorgui (le vieux), est accusé d’avoir perpétué des pratiques qui n’honorent pas la politique sénégalaise:

«En 2000, (date de son élection NDLR) Wade symbolisait l’espoir de tout un peuple qui, avec l’élection du troisième président du Sénégal, avait pensé s’être libéré du joug du népotisme, de la corruption et de la dépolitisation du citoyen sénégalais au profit d’un groupe de politiciens, d’hommes d’affaire et de marabouts affairistes. Hélas, le peuple s’était trompé», écrit le journaliste.

Anciens alliés devenus adversaires, disciple et professeur désormais égaux dans la candidature puis l’accession à la magistrature suprême, Wade et Sall viennent d’inverser les rôles. Pour certains médias, cette succession qui n’aura pas été dynastique mais démocratique porte malgré tout un caractère filial.

L’Observateur Paalga va jusqu’à parler d’un «parricide politique.»:

 «Le président-candidat aurait voulu sans doute que ce soit son fils biologique (Karim), qui le “tue”, mais hélas en politique, on ne choisit pas ses adversaires, encore moins celui qui vous terrasse.»

 

Réussite de l'exercice démocratique

 

Après une campagne marquée par des violences meurtrières et un premier tour mouvementé, il y a de quoi se réjouir que le second tour du scrutin se soit déroulé dans le calme, écrit le site guineeconakry.info:

«L’enjeu était de taille, mais les Sénégalais ont su bien négocier le cap. Les inquiétudes fondées sur les questions de transparence du processus de dépouillement, de la compilation et de la proclamation des résultats, ne se justifient presque plus, puisque Wade a eu le fair-play de couper court, en reconnaissant la victoire de son ancien PM et, ipso facto, sa défaite.»

Et le journaliste de Fasozine d’ajouter que le dénouement de ces élections constitue un pas de plus pour l’homme africain vers la consolidation de la démocratie. Sans manquer de faire un parallèle avec le voisin malien, ex-élève modèle :

«Du coup, c’est la démocratie sénégalaise qui vient une fois de plus de s’ériger en exemple sur le continent africain. Le triomphe du processus démocratique, à l’actif de tous les Sénégalais est d’autant plus à saluer que des voisins du Pays de la Téranga, notamment le Mali dont le processus démocratique vient de connaître un coup d’arrêt avec le putsch du jeudi 22 mars dernier, et dans un passé très récent, la Côte d’Ivoire qui s’est illustrée négativement par une longue crise postélectorale, (...) constituent des taches noires pour le continent.»

Guinéeconakry.info analyse encore que ce forcing électoral de la part d’Abdoulaye Wade et la campagne mouvementée lui ont fait perdre ses dernières illusions sur sa capacité à aller à contre-courant de ce processus:

«Cette période psychologiquement et politiquement dure aura permis au vieux Wade d'avoir le courage de pouvoir jeter enfin l'éponge du... pouvoir !»

 

Abdel Pitroipa

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 00:24

Certes, le dépouillement n'est pas encore terminé mais la tendance (et même mieux voir la suite...) se confirme.

 

Dès 17h, les premiers résultats ont commencé à tomber plaçant Macky Sall largement en tête dans les votes à l'étranger. Puis, petit à petit, dans le pays, l'écart se creusait de plus en plus. Même dans les départements acquis à la cause de Abdoulaye Wade au premier tour, soit les résultats étaient serrés soit carrément en faveur de Macky Sall. Habitant à côté de son QG de campagne, nous avons commencé à entendre les premiers klaxons vers 19h. A l'heure actuelle, les résultats officiels ne sont pas encore arrivés mais la confirmation est venu d'ailleurs. En effet, "le Vieux"  a appelé Macky Sall pour reconnaître sa défaite. Et là, c'est comme si le Sénégal avait gagné la Coupe du Monde !

 

Bref, pour tous ceux qui en doutait, c'est une grande victoire pour la démocratie et pour le Sénégal. Maintenant, le plus dur reste à faire pour le futur président mais laissons lui le temps de savourer sa victoire avant de voir son action.

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 23:03

Un dessert absolument fabuleux !

 

 

Cinnamon Rolls

 

81---Cinnamon-rolls.jpg

 

Ingrédients :

20 cl de lait
50 g de beurre
Environ 400 g
60 g de sucre en poudre
1 sachet de levure de boulanger
1 oeuf
1 pincée de sel
Environ 50 g de beurre fondu
115 g de sucre cassonade
2 c. à c. de cannelle
115 g de sucre glace
1/2 c. à c. d'arôme vanille
Un peu de lait
20 g de beurre fondu

Préparation :

On comme par préparer la pâte. Faire tiédir le lait. Dans un petit bol, délayer la levure, un peu de farine et un peu de lait. Dans un saladier, mélanger la moitié de la farine, le sucre, le sel, le beurre pommade, l'oeuf et le reste du lait. Battre jusqu'à obtenir une pâte homogène. Ajouter le reste de farine et en rajouter si nécessaire. Il faut que la pâte soit souple et pas trop collante. La laisser reposer 45 à 60 minutes en la couvrant avec un torchon sec.
Frapper la pâte sur une surface farinée, puis l'étendre au rouleau en un rectangle. Le petit coté doit être devant vous et non sur l'un des cotés. Avec un pinceau, répandre le beurre fondu sur le rectangle en laissant sur le petit côté du rectangle le plus éloigné de vous, une marge de 1 cm environ. Mélanger le sucre cassonade et la cannelle et le saupoudrer sur toute la surface beurrée.
Rouler la pâte d'avant en arrière vers la bande non beurrée, jusqu'à ce que cette bande se retrouve en dessous. Couper ce rouleau en tranches de 4 cm d'épaisseur, et les placer dans un moule beurré. Les poser à plat et veiller à ce qu'il y ait un espace entre car les rouleaux vont gonfler. Couvrir avec un torchon et laissez gonfler entre 30 et 45 minutes.
Préchauffer votre four Th 180°. Mettre vos rouleaux au four et cuire entre 15 et 20 minutes. Laisser tiédir.
Dans un bol, mélanger le sucre glace, la vanille, le beurre fondu et un peu de lait jusqu'à obtenir un glaçage épais mais coulant tout de même. Une fois les cinnamon rolls tièdes, verser le glaçage à la cuillère en faisant des dessins.
Bonne dégustation !

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 12:43

Les médias français l'ont un peu oublié (normal il n'y a quasiment pas eu d'incidents) mais, aujourd'hui, a lieu le second tour de l'élection présidentielle sénégalaise.

 

Comme prévu, Macky Sall et Abdoulaye Wade sont au coude à coude pour accéder à la fonction suprême. Seulement, dans le détail, cette élection ressemble plus à un référendum contre Wade. En effet, 12 ans après son accession au pouvoir qui a donné beaucoup d'espoir aux sénégalais, le "Vieux" déçoit par ses actions. Certes, de nombreuses infrastructures ont été réalisé (autoroute à péage, route de la corniche...), mais, à côté de ça, les prix des denrées courantes se sont envolées. Par exemple, le prix du kilo de riz a doublé en 12 ans. Malheureusement, ce n'est pas avec du goudron que le peuple mange...

 

Ce qui est marrant c'est que, comme par hasard, certains travaux ont été fait juste avant l'élection. Je ne vous en avais pas parlé avant mais Dakar a renoué avec les feux tricolores ! Plus de policiers aux carrefours, plus de "qui-va-passer-devant-l'autre", plus de risque d'accidents ! Bon, ce n'est pas encore développé sur toute la capitale, ce n'est pas toujours respecté, mais, c'est déjà mieux que rien.

 

Pour revenir à l'élection, comme pour le premier tour, les résultats seront communiqués dans les prochains jours même si de grosses tendances devraient se dessiner dès ce soir.

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 18:14

Sous la tente installée devant la maison familiale, à quelques mètres de la place de l'Obélisque, à Dakar, les convives étaient venus nombreux honorer, comme tous les 11 mars, la mémoire de Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma, un personnage historique de la confrérie des Mourides, la confrérie musulmane la plus influente du Sénégal. À un moment des discours, un des disciples se met brusquement à donner de violents coups de tête contre un des piliers métalliques de la tente. Il finit par s’effondrer sur le sol, évanoui. La scène n’a l’air de choquer que ceux qui assistent pour la première fois à une telle cérémonie.

Si tous les mourides ne casseraient pas leur tête pour prouver leur croyance, ils sont cependant nombreux à vouer un grand culte à Serigne Touba, le fondateur du mouridisme. Son nom circule à travers tout le Sénégal, tout comme celui de ses descendants, serignes eux aussi. Mais leur influence ne s’arrête pas là.

 

Corps et âme 


 «Si notre chef [religieux] le décidait aujourd'hui, il pourrait nous faire tous voter pour la personne qu'il préfère, affirme Mamadou Faye Diouf, marchand sur l'avenue Lamine Gueye à Dakar. En fait, nous n'avons pas de choix propre. S'il y a avait un ndiguël (consigne en wolof, Ndlr), c'est ce que nous ferions. C'est Serigne Touba notre chef. Même s'il (l'actuel khalife général des mourides, un des descendants de Touba, Ndlr) nous disait de voter pour un perdant, nous le ferions.»

Pour le sociologue Djibril Diakhaté, le lien entre le marabout et son disciple est l’un des points forts du mouridisme:

«Originellement, le ndiguël, c'est une injonction, c'est plus fort qu'un ordre. Dans la confrérie mouride, lorsque quelqu'un s'y inscrit pour la première fois, il s'agenouille devant le marabout et lui dit “ je vous confie ma vie ici et dans l'au-delà”. A partir de ce moment-là, vous êtes sous la tutelle du marabout. C'est lui votre tuteur, ici et ailleurs. Il est donc en droit de vous donner des injonctions. Et vous, vous êtes dans une logique d'obéissance absolue à toute injonction qu'il vous donne.»

Ce qui fait des marabouts des «porteurs de voix» adulés par les hommes politiques sénégalais de tout bord.

Ainsi, les deux adversaires à la présidentielle, Abdoulaye Wade et Macky Sall, ont démarré la campagne du second tour, en allant près de la ville sainte de Touba, la Mecque du Sénégal, rendre visite au khalife général des mourides. Avant d’aller ensuite rendre hommage aux autres responsables religieux, notamment le chef du tidjanisme (autre grande confrérie) de Tivavouane.

Officiellement les deux candidats à la présidentielle cherchent des prières pour le bon déroulement de leur campagne. Mais, au Sénégal, l’opinion publique est convaincue qu'ils cherchent plutôt à décrocher le fameux ndiguël. Le politologue Babacar Justin N'Diaye a déploré cette situation, où les deux candidats «rampent comme des reptiles» devant le Serigne.

 

Une tradition historique

 

L'opération de séduction des hommes politiques à l’endroit des chefs religieux par les hommes politiques sénégalais ne date pas de Wade. Ni de son prédécesseur Abdou Diouf. Lors de l’élection de 1980, Abdou Diouf avait bénéficié du ndiguël du khalife général des mourides de l'époque. Même Léopold Sédar Senghor, le premier président (un chrétien dans un pays où environ neuf personnes sur dix sont de confession musulmane), avait bénéficié, à l’époque, du double soutien des mourides et des tidianes.

L'influence des chefs religieux remonterait à bien avant l'accession du Sénégal à l'indépendance.  

«Le colonisateur français a eu d'abord à utiliser les armes pour s'installer. Il y a eu des combats entre l'armée coloniale et les royaumes du Walo, du Djolof, du Ndiambour, du Sime, du Saloum… Après la victoire des colons, ceux-ci ont voulu imposer que les colonisés se départissent de leurs traditions. C'est à ce moment-là que les confréries se sont installées, en se présentant comme des boucliers. L'objectif était de préserver la religion musulmane. Dès lors, tous les chefs confrériques au Sénégal ont mobilisé leurs communautés pour faire face aux menées déstabilisatrices sur le plan culturel de l'Occident. A partir d'un certain moment, le colonisateur a compris que pour mener à bien son entreprise, il fallait mener une sorte de pacte avec ces chefs», fait savoir le Pr. Djibril Diakhaté.

Cette bonne entente se serait poursuivie pendant toute l’administration coloniale. Les chefs religieux obtenaient, en retour, certains privilèges comme des exonérations d’impôt. Une pratique que les politiciens du Sénégal indépendant ont perpétuée.

 

Le président décomplexé

 

Ce jeu de rôles a pris une autre dimension depuis l'arrivée au pouvoir, en 2000, d'Abdoulaye Wade. Lequel Wade a signifié plusieurs fois, publiquement, son appartenance au mouridisme. Lors du Magal (le pèlerinage annuel des mourides) de 2010, un de ses ministres, Bécaye Diop, n'a-t-il pas déclaré que «c'est à Touba que les choses [sérieuses] se passent», mettant de côté les villes saintes des autres confréries? Wade, lui-même, lors du Magal 2012, a enfoncé le clou, en affirmant qu'il ne pouvait mettre Touba au même niveau que les autres villes saintes... Il y a peu, dans la presse, Wade était qualifié de «fervent talibé mouride». En visite chez un chef mouride, Abdoulaye Wade a rappelé à son hôte devant les caméras de télévision son engagement de longue date, et sollicité le «soutien» des talibés. Clairement, il sollicitait un ndiguël.

Mais pourquoi un tel intérêt vis-à-vis de l'électorat mouride, pourtant moins nombreux que les adeptes de la confrérie tidjane?

«La communauté tidjane est fragmentée, explique le sociologue Diakhaté, et les orientations ne sont pas les mêmes. Tout ceci est très différent des mourides, où vous avez une seule voix portée par le khalife. Si le Khalife dit une chose, tout le monde le fait.»

Seulement, ces jours-ci, des tensions sont apparues au sein de la grande famille mouride. Début mars, Cheikh Bétio Tioune, un disciple mouride très célèbre dans le pays, a annoncé, lors d’un rassemblement retransmis par la télévision, avoir fait un rêve que Wade recevait un ndiguël de la part du khalife général de la confrérie, Serigne Saliou Mbacké. Ce qui n’a pas manqué de provoquer des remous à Touba, la ville sainte des mourides, où des représentants du khalife se sont empressés de se désolidariser du «rêve» de leur condisciple. «Serigne Saliou n’a jamais donné de consigne de vote», a-t-on relativisé à Touba, peut-être, pour calmer les tensions naissantes.

 

Liberté de conscience

 

À ces tensions, s’ajoutent des critiques, au sein même de la communauté des mourides, au sujet de la corruption. Serigne Fallou Dieng, du Cercle des intellectuels soufis, a fustigé «la régression morale» de certains chefs religieux:  

«Il est triste de constater à quel point Wade a réussi à les corrompre. Il leur distribue des millions de francs CFA à tort et à travers.»

Un peu comme pour illustrer ces travers, le journal Le Quotidien affirme, dans son édition du 20 mars, que «de janvier à mars, Abdoulaye Wade, le président de la République a complètement épuisé les fonds politiques qui lui ont été alloués et [qu'il] a dépensé 60% des crédits de fonctionnement sur le budget 2012 de la présidence de la République.»

Si cela concerne aussi de nombreuses autres catégories, les responsables religieux restent aux yeux des politiques des «partenaires» de choix, la grande majorité des Sénégalais vénérant au moins un serigne.

Moussa Hann, un jeune quincaillier vivant à Dakar, est catégorique:  

«Quoique me demandera mon cheikh, je le ferai sans rechercher le moindre intérêt.»

De fait, quelques serignes mourides semblent  avoir déjà donné leur ndiguël. Mais à l'ère du règne des (nombreux) petits-fils de Serigne Touba, où chacun jouit du morceau de pouvoir rattaché à la taille de son effectif de talibés, il s'agit dans certains cas de mini-ndiguëls. Car, de l'avis général, le seul ndiguël qui prévaut serait celui de l'actuel khalife général des mourides, Sidy Mokhtar Mbacké, le deuxième petit-fils de Touba à régner sur la communauté mouride. Or, jusqu'à présent, il n'a adoubé aucun candidat, préférant conseiller aux candidats d'œuvrer au bien-être du pays. Pour l’heure, l’on ne saurait dire s’il s’agit d’une simple prudence ou de la prise de conscience du vent de changement qui souffle dans le pays.

Bassirou Seck, papetier dakarois, le dit sans ambages:  

«Je n'attends pas de mon marabout qu'il me dise pour qui voter. Mon serigne, je l'écoute en matière de religion, afin qu'il me mène vers Dieu. Au moment du vote, c'est moi qui choisis qui je veux.» 

 

Moctar Kane

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Published by Laurent - dans Revue de presse
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