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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 02:20
Plus de 200 milliards de FCFA de dette. 50 à 60 milliards de pertes. 78,5 milliards dus aux fournisseurs et créanciers. Les Mairies doivent 17 milliards à cette société.
 
Il était hors de question que le Ministre d’Etat Karim Wade démarre réellement le travail au niveau de la Sénélec sans qu’un état des lieux ne soit effectué. Contrairement à l’avis de l’ancien Ministre Abdoulaye Makhtar Diop qui voulait que Karim Wade apporte les solutions avant de diagnostiquer la situation. Dans l’esprit du Ministre d’État, il s’agissait d’abord de faire un état des lieux complet, sans complaisance, du secteur de l’énergie. Ce qui a été fait. Mais les Sénégalais doivent être informés de la situation grave que connaît la Sénélec. Tous les anciens Ministres qui ont précédé Karim Wade au département de l’Energie sont fautifs des socialistes aux libéraux.
 
 Lors d’une rencontre assistée par le Ministre d’Etat, Ministre de l’Économie et des Finances, le Ministre Délégué à l’Énergie, le Coordonnateur du Comité de Restructuration et de Relance du secteur de l’Énergie, les Représentants des Bailleurs de Fonds et les Cabinets d’audit, le Ministre d’État Karim Wade a percé l’abcès. Il a reconnu devant les partenaires du Sénégal qu’il «est difficile de ne pas avoir à l’esprit le sujet de grave préoccupation que représente la crise énergétique qui a frappé notre pays tout au long de l’année qui s’achève et qui nous vaut d’être réunis aujourd’hui».
 
 L’audit de la Sénélec conduit par les cabinets de renommée internationale CICE, EDF, KPMG, BDO, Cabinet François Sarr, Rothschild et BlackPearl Finance, sous la coordination du Cabinet Mc Kinsey et du Comité de Restructuration et de relance du Secteur de l’Énergie, avait comme but de revisiter tout le circuit, de l’approvisionnement à la distribution en passant par le financement des hydrocarbures, l’investissement et la production d’électricité. Tout ce travail d’audit de la Sénélec a été réalisé « sans complaisance » en amont comme en aval.
 
 «A l’heure du premier bilan, je n’ai pas besoin de vous dire que la situation est grave, encore plus grave que ce que peuvent en dire les médias ou ce que chaque Sénégalais victime des coupures intempestives d’électricité peut légitimement ressentir » a reconnu le Ministre d’État, Karim Wade. De l’avis de Karim Wade, «ces coupures intempestives d’électricité durement ressenties par les ménages et les entreprises ne sont que la partie visible de l’iceberg».
 
 Les auditeurs ont quelque part estimé que la crise dans le secteur de l’électricité résulte en grande partie des performances économiques enregistrées par le Sénégal au cours des dix (10) dernières années avec une croissance du PIB de 5% par an qui se traduit par une croissance de la demande d’électricité de 10% par an et une politique d’électrification systématique afin de permettre à un plus grand nombre de Sénégalais d’avoir accès au courant.
 
 Les auditeurs ont fourni des chiffres détaillés et éloquents sur le fonctionnement de la Sénélec. Selon le résultat de l’audit, «en 2000, SENELEC avait seulement 398.000 abonnés et prés de 3 millions de Sénégalais avaient accès au courant alors qu’aujourd’hui SENELEC a plus de 885.000 abonnés ». «Nous sommes plus de 7 millions de Sénégalais à avoir accès à l’électricité » a déclaré Karim Wade.
 
 «Il faut noter que chaque Sénégalais consomme aujourd’hui plus d’électricité qu’avant, en effet 63 pour cent des clients actuels de SENELEC sont dans la tranche des consommateurs de plus de 150k Wh à savoir la tranche des grands consommateurs. Cela démontre incontestablement l’émergence d’une classe moyenne consommatrice de biens d’équipements et donc une amélioration certaine de la qualité de vie» révélé le Ministre d’État, Ministre de l’Énergie.
 
«Nous vivons, sans conteste, une crise sérieuse dans le secteur de l’énergie et plus particulièrement celui de l’électricité qui se caractérise entre autres par un défaut de planification offre/demande et d’anticipation de nos besoins en électricité » ajoute-t-il. Les chiffres révélés par les différents audits en attestent  éloquemment.
 
 
LA SENELEC EGALE : ENDETTEMENT, LAXISME, GABEGIE, DEFICIT ETC…
 
Les Sénégalais doivent être informés de la situation qui prévaut à la Sénélec. C’est plus que grave. C’est un naufrage catastrophique. Karim Wade a hérité d’une situation indescriptible.
 
 
 
-      Sur le plan de la production, le parc de production d’électricité de SENELEC est en grande partie obsolète, peu fiable, très coûteux, inadapté et insuffisant en termes de capacité ;
 
 
-      Il existe un déficit structurel de production de 100 MW par rapport à la demande ce qui induit  des délestages fréquents (2950 heures de délestage soit 40% du temps) et une détérioration continue de l’outil industriel ;
 
 
-      Un outil de production et de transport vieillissant (12 ans en moyenne, dont 140 MW ont   plus de 20 ans, le réseau 6,6 KV de Dakar date par exemple de 1930) ;
 
 
-      Le coût de production pour certaines centrales atteint jusqu’à 167 francs CFA le KWH alors que l’électricité est vendue entre 108 et 120 francs CFA au consommateur ;
 
 
-      Le non-respect du programme de maintenance sur plusieurs années a accru et perpétué le cycle infernal des délestages (programme de maintenance réalisé à 59% en 2007 contre 25% seulement cette année). En d’autres termes, il n’y a plus de maintenance sur les centrales et nous sommes en situation de risque incident maximal sur les centrales de la SENELEC ;
 
-      Un abandon prématuré de l’utilisation de certaines centrales de la SENELEC ;
 
-      Le retard de la mise en œuvre des programmes gaz et une mauvaise évaluation des réserves de gaz du Sénégal ;
 
-      Sur le plan financier : Alors que la SENELEC a besoin de 800 millions de FCFA par jour pour acheter le combustible nécessaire à son fonctionnement, SENELEC va enregistrer pour l’année 2010 un dérapage opérationnel et financier très net, qui devrait se traduire par des pertes estimées entre 50 et 60 milliards de francs CFA ;
 
-      L’endettement actuel de SENELEC dépasse les 200 milliards de francs CFA, avec une part significative  de dettes à court terme et de dettes d’exploitation à reclasser en dettes financières du fait de leur durée et des conditions de paiement ;
 
-   La SENELEC  doit à ses fournisseurs et créanciers prés de 78,5 milliards de francs CFA
 
-      Une grande partie des revenus de SENELEC sont « nantis » au profit des producteurs indépendants GTI et KOUNOUNE ou auprès des banques de la place qui financent les approvisionnements en combustibles. Cette situation pénalise gravement la trésorerie de la société ;
 
-      Les impayés des Mairies d’un montant de 17 milliards de francs CFA peuvent précipiter à tout moment la SENELEC dans le gouffre. Les Mairies doivent l’équivalent d’un mois d’approvisionnement en fuel à la SENELEC. Les déficits de ces derniers jours du mois de décembre (dernier mois de l’année) résulte du non paiement de l’électricité qu’elles ont consommé au cours de la même année ;
 
-      Une régulation inadaptée qui accélère la dégradation financière de la société ;
 
-      Une absence d’investissement au niveau du transport, de la distribution et de la fonction commerciale ;
 
-      Une demande latente estimée entre 50 et 130 MW qui est sous-jacente et résulte des délestages récurrents, avec une incidence négative sur certaines activités économiques qui se trouvent freinées dans leur expansion ;
 
-      En ce qui concerne les nouveaux investissements, le retard du programme charbon  va coûter à la SENELEC environ 60 milliards de francs CFA par an jusqu'à l’entrée en service des centrales à charbon prévue éventuellement en 2014, c’est à dire au minimum 300 milliards de FCFA ;
 
-      Ce retard d’au moins 3 ans dans la mise en service de la centrale à charbon d’une capacité de 125 MW, dont la livraison était initialement prévue cette année avec comme conséquence l’allongement et l’approfondissement de la crise, puisque nous devrons faire face à un accroissement de la demande en électricité de 8 et 10 % par an soit l’équivalent d’une centrale de 60 MW par an ;
 
-      Un mode de facturation inadaptée avec des paiements à 90 jours ; et la liste est loin d’être exhaustive.
 
Le Ministre d’Etat, Karim Wade a soutenu que «face à cette situation très complexe et problématique, le choix est simple. Il est entre l’immobilisme et l’action radicale». Il faudrait que des mesures soient prises pour normaliser la situation. En plus, les consommateurs doivent être informés de cette situation suffisamment catastrophique.
Source : Bitimrew.net

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