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Me voici de retour après cinq jours de voyage à travers le Sénégal. Il y a eu de la route, des pannes, des rencontres, des péripéties, de magnifiques paysages, de très beaux monuments. Bref, voici, en exclusivité, mon traditionnel carnet de voyage.
Départ le matin pour la ville de Saint Louis. Oui, j'y suis déjà allé mais comme j'aime beaucoup cette ville et qu'Anne-Laurence ne connaissait pas, je n'ai pas du tout rechigné à y retourner bien au contraire. Après 4 heures de route, nous voilà dans la Capitale du nord. Après nous être restaurés et avoir posé les affaires à l'hôtel, nous voilà déambulant dans la ville historique. Mes impressions sur celle-ci n'ont pas changé depuis la dernière fois : c'est très beau mais malheureusement, trop souvent, mal entretenu. Le soir, nous avons mangé au Coup de torchon, restaurant éponyme du film qui a été tourné dans la maison où se situe le restaurant.
Nous partons tôt, vers 8h, pour le Parc National de la Langue de Barbarie. Cependant, le pont Faidherbe (celui qui relie l'île au continent) étant trop abîmé, il est en reconstruction à l'identique juste à côté. Pour faire les travaux, ils sont obligés d'organiser quelques circulations alternées. Résultat, c'est un beau bazar, très étonnant quand on sait que Saint Louis est une ville beaucoup plus calme que Dakar où les embouteillages sont quasiment existants.
Après 1 heure d'attente et avant d'arriver à la Langue de Barbarie, nous passons par la réserve de Guembeul, réserve privée où l'on trouve principalement des gazelles, des onyx, des phacochères, des tortues et des singes. Le tour fut rapide, en même temps, il n'y avait pas plus de choses à faire que ça.
La langue de Barbarie est une réserve ornithologique qui s'étire sur 15 km depuis Saint Louis et qui est large d'environ 1 km ou moins. Nous prenons une pirogue pour aller jusqu'à l'îlot aux oiseaux, îlot naturel de reproduction de différentes espèces. C'était tout simplement magnifique et incroyable ! Le même effet qu'au Parc du Djoudj. Des pélicans, des hérons, des mouettes, des cormorans... Superbe ! Ensuite, nous avons continué jusqu'au fort Giraudeau. Ce dernier a été édifié à l'occasion du film Les caprices d'un fleuve et tombe maintenant en complète désuétude. Et c'est en face du fort que le moteur de la pirogue a décidé de lâcher ! Le genre de choses qui n'arrivent qu'à moi... Heureusement, après 20 minutes d'effort, tout est rentré dans l'ordre. Nous n'avons pas été obligés de ramer !
L'après-midi, nous nous sommes baladés dans le quartier de Ndar à Saint Louis. C'est le quartier populaire par excellence. D'ailleurs, beaucoup d'enfants (de 2 à 10 ans) nous lançaient gentiment des "Toubab ! Toubab !" et venaient nous saluer. C'est bien la première fois que cela m'arrivait. C'était très curieux et très rigolo en même temps.
Départ le matin pour Richard-Toll, gros bourg industriel situé tout au nord du pays sur le fleuve Sénégal et à 2h30 de route de Saint Louis. D'ailleurs, le fleuve fait office de frontière avec la Mauritanie. Nous avons donc vu la Mauritanie mais malheureusement, il n'en restera pas de souvenirs photographiques. En effet, dû à une fausse manipulation, les quelques photos prises ne se sont pas enregistrées. Richard-Toll ne présente pas réellement un grand intérêt en soi mais nous a quand même permis de voir deux choses très intéressantes. D'une part, la folie du Baron Roger qui est un petit château à la française construit par le premier gouverneur de la ville et qui tombe complètement en ruine. D'autre part, l'avancée du désert sur le Sénégal. On a réellement vu un paysage sahélien ce qui était pour moi une première.
Nous décidons de partir pour Touba (seconde ville du pays), la ville sainte des Mourides (une des confrérie musulmane du Sénégal). Je n'ai jamais vu un taxi-brousse aussi lent ! On a même eu du mal à doubler une mobylette... Pour revenir à Touba, c'est une ville bâtie sur une propriété privée et exemptée de droit de douane, d'impôts et de taxes. C'est à côté de la mosquée, la plus grande du pays, qu'est enterré Cheikh Amadou Bamba, le premier khalife des Mourides, qui a été chassé et exilé par les colons français. A Touba, il est interdit de fumer, de boire de l'alcool, de sortir en discothèque et, pour les femmes, de porter des pantalons ou autre tenue "indécente".
A la mosquée, nous avons rencontré un "guide" (ou plutôt un marabout) qui nous a fait la visite. Architecturalement parlant, c'est absolument magnifique. Elle est faite en marbre rose du Portugal, le sol est en marbre d'Italie, les lustres en cristal de Baccarat, les portes en tek du Gabon, les moulures faites par les marocains. Bref, c'était splendide. Cependant, le poids de la religion était vraiment écrasant. On se sentait plutôt mal vu et pas à notre place. C'est pour cela que nous sommes partis nous reposer à l'auberge de Mbacké (ville juste à côté de Touba).
Avant de rentrer à Dakar, nous décidons de faire une halte à Diourbel où se trouve la mosquée construite par Cheikh Amadou Bamba. Autant à Touba nous ne nous sentions pas à notre place, autant à Diourbel c'était presque pire. Les mauvais regards, les mendiants, le son des prières... Nous ne sommes finalement restés que 5 minutes devant la mosquée avant de repartir prendre un taxi-brousse. 3 heures et quelques embouteillages plus tard, nous étions de retour tranquillement à la maison.
Pour résumer, ce voyage fut très instructif à plusieurs niveaux et notamment un : je ne pense sincèrement pas que je vais me convertir à l'islam ! Plaisanterie mise à part, c'était très intéressant de voir et de pouvoir jauger tout ça.
Pour les curieux, toutes les photos sont ici.
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