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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 18:14

Selon toute vraisemblance, il y aura un second tour entre Abdoulaye Wade et Macky Sall. Les Sénégalais ont joué à se faire peur pendant toute la campagne électorale. La contestation violente de la candidature d’Abdoulaye Wade avait fait craindre le pire.

Fort heureusement, le 26 février dernier, il n’en a rien été, au grand bonheur de la démocratie sénégalaise. Un vote calme et relativement important au vu du taux de participation qui est estimé pour l’instant à environ 60%.

Contre vents et marées, le président sortant est allé au bout de sa logique d’être candidat, pour un troisième mandat consécutif. S’il a pu effectivement se présenter comme candidat, rien ne dit, au lendemain du scrutin, que le vieux va tenir son pari fou d’entamer un troisième mandat du haut de ses 86 ans.

Arrivé en tête du scrutin, il est crédité de 32% des voix exprimées. Le candidat des Forces alliées (FAL) 2012 devra sortir le grand jeu au second tour s’il ne veut pas voir son rêve partir en fumée.

Il avait promis de passer haut la main dès le premier tour. A ce niveau, c’est un échec. A moins que cette victoire annoncée à cor et à cri n’ait été que pure ruse politique pour déstabiliser ses adversaires.

D’ailleurs, personne n’y croyait vraiment car tous les observateurs étaient unanimes à reconnaître que cette hypothèse était quasi impossible, dans le contexte actuel du pays. Ce deuxième tour inévitable, très attendu par les contempteurs de Abdoulaye Wade, est désormais acquis.

 

La fin du Maître ?

 

Il pourrait sonner le glas des années Wade, mais à certaines conditions. L’issue du second tour va reposer sur les résultats des tractations et alliances politiques. Mais en dernier ressort, le fin mot reviendra aux électeurs, maîtres absolus du destin des deux candidats au second tour: Abdoulaye Wade et Macky Sall.

Malheureusement pour le président sortant, sa marge de manœuvre est bien réduite. Les principaux candidats de l’opposition (Idrissa Seck de Rewmi, Moustapha Niasse de Bennoo Siggil Senegaal, Tanor Dieng du PS, Cheick Tidiane Gadio) ont tous déclaré qu’ils se démarqueraient de la candidature de Wade. Ces annonces sont conformes à l’attitude de ces hommes politiques qui, des mois durant, ont combattu la candidature de Abdoulaye Wade à cette élection présidentielle.

Les Sénégalais ne comprendraient pas qu’ils aient presque mis le pays à feu et à sang, pour finalement aller marchander quelques avantages auprès du vieux Wade. Ce serait alors une alliance contre nature, un reniement inexplicable et impardonnable.

Il est vrai qu’en politique, sous nos tropiques, il n’y a pas assez de place pour la morale. Justement, à ce sujet, il est temps que les acteurs politiques prennent de la hauteur et arrêtent de donner cette image avilissante des hommes politiques auprès de l’opinion publique. Le président sortant reste un fin politique avec plus d’un tour dans son sac.

Face à un homme qui joue sa carrière ou plutôt son honneur, on imagine qu’il est prêt à s’allier avec le diable pour faire mentir ses adversaires. Dans le lot des douze candidats restants, qui est ce diable capable de faire gagner Wade ?

En tout cas, beaucoup d’entre eux ont fait l’amère expérience de la cohabitation impossible avec le vieux. Wade a réussi à mettre sous éteignoir le Parti socialiste sénégalais qui a dirigé le Pays pendant 20 ans. Mais, dans le même temps, son mode de gouvernance a sécrété une génération d’opposants, issus de ses propres rangs pour les plus dangereux et pour lesquels, l’heure est venue de passer la main. Aujourd’hui, il s’en trouve même des fils qui veulent tuer le père pour survivre politiquement.

Le Sénégal vit un grand moment. Le pays est au bord d’une transition démocratique, le passage de témoin entre une génération vieillissante et de jeunes loups aux dents bien longues. Quelles que soient les alliances, le dernier mot reviendra une fois encore aux électeurs sénégalais. Ils ont montré lors du premier tour une maturité politique qui a déjoué les scénarios les plus pessimistes.

Au second tour, ce sera encore à eux de décider, s’ils mettent fin à la carrière politique du maître du SOPI, ou s’ils s’accordent un nouveau départ avec un président plus jeune. En tous les cas, force doit rester aux urnes. Et ceux qui n’avaient pas fait confiance à l’électeur sénégalais, l’ont appris à leurs dépens, au soir du 26 février dernier.

 

Abdoulaye Tao (Le Pays)

 

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