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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 18:14

«La France n’est pas un pays facile à gouverner. C’est un pays régicide». Dans un rare accès de lucidité, Nicolas Sarkozy, sentant la vague de mécontentement qui commençait à monter contre sa politique, avait un jour fait cet aveu prémonitoire.

«Dégagé» par François Hollande, un homme qu’il a toujours regardé de haut, le désormais ex-chef d’Etat français a vérifié à ses dépends l’implacable maxime qui a coûté la vie à bien des monarques, républicains ou pas.

Et ce n’est sûrement pas sur le continent africain qu’on va pleurer à chaudes larmes la chute du mari de Carla. Rarement un homme politique français n’y aura autant suscité une passion qui a parfois frisé l’animosité. Il faut dire que le désormais ex-locataire de l’Elysée, qui aura connu l’humiliation de ne faire qu’un mandat, n’y est pas allé de main morte pour se faire détester !

 

La fausse rupture avec la «Françafrique»

 

Adepte des discours chocs mais qui s’avèrent souvent creux à l’épreuve du temps, l’annonce faite à l’entame de son mandat d’une «rupture» radicale avec les pratiques incestueuses voire mafieuses que la France entretient avec ses ex-colonies, connues sous le vocable infamant de «Françafrique», avaient suscité beaucoup d’enthousiasme.

Le premier ministre de la Coopération de l’ère Sarkozy avait même naïvement cru à cette profession de foi en déclarant péremptoirement qu’il aller signer «le certificat de décès de la Françafrique».

Hélas, quelques mois seulement après cette sortie qui avait été peu goûté dans certains palais du «pré carré», Jean-Marie Bockel avait été «défenestré» sous la pression de lobbies puissants qui ont toujours fait et défait les carrière à la Rue Monsieur, siège du ministère français de la Coopération, perçu par beaucoup d’Africains comme une sorte de bureau post-indépendance des «affaires indigènes».

Pis, la précipitation avec laquelle Sarkozy s’est empressé à adouber Ali Ben Bongo, qui a succédé à son père, figure tutélaire de la si décriée «Françafrique»,  après son accession au pouvoir à l’issue d’élections contestées, a  plutôt consacré le certificat de décès de la «rupture» annoncée en si grande pompe.

 

L’insulte faite à l’Afrique

 

Si beaucoup de Français n’ont jamais pardonné à Nicolas Sarkozy à peine élu, l’incroyable pantalonnade qu’a constitué sa virée au Fouquet’s avec ses richissimes amis du CAC 40, pour les Africains, un autre motif de colère contre Sarkozy porte un nom: le désormais tristement célèbre «discours de Dakar».

Prononcé au sein d’une université qui porte à son fronton le nom de Cheikh Anta Diop, un des plus illustres et talentueux défenseurs de l'Afrique noire, ce discours a charrié par endroits des clichés qu’on croirait tout droit sorti d’une bafouille de Gobineau.

Avec le sans gêne qui le caractérise, Sarkozy avait osé proclamer que «l’homme africain n’est assez entré dans l’histoire». Malgré le tollé suscité par ses propos racistes, le chef de l’Etat n’a jamais cru devoir s’excuser pour cette insulte faite à l’Afrique entière.

 

Les immigrés, punching-ball de Sarko

 

Faisant feu de tout bois et prêt à tout pour conquérir ou conserver le pouvoir, l’homme qui se décrivait au début de sa campagne présidentielle comme un Français de «sang mêlé» aura fait des immigrés ses principaux boucs émissaires.

S’agit-il de montrer les muscles et d’imprimer un virage sécuritaire à sa politique au ministère de l’Intérieur? Sarkozy déclarera vouloir «nettoyer au Kärcher» les délinquants habitant dans les quartiers difficiles, bien sûr majoritairement habités par des populations issues de l’immigration.

S’agit-il d’agiter l’épouvantail islamiste pour battre le Front national sur le terrain de la démagogie et du populisme? De déclarations fracassantes en discours stigmatisant, le chef de l’UMP, sous les conseils de son gourou de l’ombre Patrick Buisson, n’hésitera jamais à recourir à la surenchère. 

Dans cette véritable course à l’échalote avec l’extrême droite, rien n’était de trop pour Sarkozy.

Comme en témoigne l’inqualifiable «circulaire Guéant», du nom de son ex-bras droit, durcissant les conditions de séjours des étudiants étrangers, y compris comme ceux sortis de l’élite de l’école française comme HEC, Sciences po Paris, Centrale ou les Ponts et chaussées. Tout ça, pour…ça ?

 

Auteur : Barka Ba

Source : SlateAfrique

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Published by Laurent - dans Revue de presse
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