Ce n'a pas été trop médiatisé mais la Coupe d'Afrique des Nations s'est clôturée dimanche dernier avec le sacre surprise de la Zambie au bout d'une séance de tirs au buts in-cro-ya-ble. Bref, voici les chiffres importants de la CAN.
0. Aucun but n’a été marqué en finale lors de Zambie-Côte d’Ivoire. C’est la cinquième fois qu’une finale s’achève sur un score vierge après 1986, 1992, 2002 et 2006.
Zéro, c’est aussi le nombre de but encaissé par les Ivoiriens durant tout le tournoi.
1. Tout premier sacre pour la Zambie et toutes premières participations pour le Botswana, la Guinée équatoriale et le Niger.
2. Comme le nombre d’équipes d’Afrique australe qui ont remporté la CAN. La Zambie rejoint l’Afrique du Sud, vainqueur en 1996.
3. Aucun buteur n’aura pris le large au classement des canonniers. Ils sont sept à finir avec trois réalisations au compteur : Pierre-Emerick Aubameyang, Cheikh Diabaté, Didier Drogba, Manucho, Christopher Katongo, Houcine Kharja et Emmanuel Mayuka.
8. Huit cartons rouges ont été distribués durant la compétition dont trois pour les Ghanéens. Un joueur a donc été exclu tous les quatre matches.
22. C’est le nombre de Zambiens sacrés champions d’Afrique, Clifford Mulenga ayant été exclu du groupe en pleine compétition pour indiscipline.
54. La Confédération africaine de football compte désormais 54 associations affiliées. La CAF a validé l’adhésion du Soudan du Sud durant la CAN 2012.
76. Les filets ont tremblé à 76 reprises durant la Coupe d’Afrique des nations Gabon-Guinée équatoriale. La moyenne de buts par match 2,37 est inférieure à celle de 2010 (2,45) et très éloignée de la moyenne en 2008 (3,1).
132. Le nombre de spectateurs présents lors de Burkina Faso-Soudan à Bata, dans un stade de 35 000 places. C’est l’une des plus petites affluences de cette CAN 2012.
368. Ou plutôt 366 à la fin de la CAN 2012. On parle ici des joueurs engagés dans le tournoi. Le Zambien C. Mulenga et le Tunisien Adel Chedli ont été exclus avant la fin de la CAN.
50 000. Des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects mais précaires ont été créés pour la CAN 2012.
488 000. La Coupe d’Afrique était placée sous le signe de la lutte contre le Sida. Durant la campagne « Une CAN sans Sida », 488 000 préservatifs ont été distribués.
1 500 000. C’est la prime, en dollars, versée à la Zambie, vainqueur de la CAN 2012. Une somme équivalente aux 1,5 millions perçus par l’Espérance Tunis, championne d’Afrique des clubs.
10 000 000. La Confédération africaine de football a reversé 10 millions de dollars aux seize équipes participant à la CAN 2012, selon la CAF.
35 000 000. Trente-cinq millions de dollars où le revenu net généré par la CAN 2012 pour la Confédération africaine de football, selon la CAF.
400 000 000 000. Quatre cents milliards de Francs CFA, soit environ 600 millions d’euros, c’est ce qu’aura coûté la Coupe d’Afrique au Gabon en 2012. Ces sommes ont été investis en majeure partie dans le développement des infrastructures : aéroports, routes, hôtels, stades…
Une entrée super pour vos futur diners.
Croustades d'oeufs pochés florentine
Ingrédients (pour 6 petites croustades) :
250 g de farine
125 g de beurre
1 pincée de sel
Un peu d'eau
1/2 L de lait
35 g de beurre
35 g de farine
2 jaunes d'oeufs
40 g de gruyère râpé
300 g d'épinards
20 g de beurre
1 L d'eau
Un peu de vinaigre blanc
6 oeufs
Sel, poivre
Préparation :
Réaliser les croustades : mélanger le beurre, la farine et le sel jusqu'à ce que la pâte forme une boule. Ajouter de l'eau si nécessaire. Abaisser la pâte sur un plan de travail fariné puis la foncer dans les moules. Placer au four pendant 20 minutes à 180°C en ayant ajouter des haricots secs pour que la pâte ne se rétracte pas. Démouler les croustades.
Pour les oeufs pochés, faire bouillir l'eau avec un peu de vinaigre. Lorsque l'ébullition est franche, baisser le feu puis verser l'oeuf, préalablement cassé dans un bol, doucement dans l'eau. Avec deux cuillères, souder le blanc autour du jaune puis le sortir du feu. Le blanc doit être ferme, élastique mais non caoutchouteux. Déposer l'oeuf dans de l'eau froide puis rincer avec un peu de vinaigre.
Confectionner la sauce Mornay : réaliser un roux en faisant chauffer le beurre et la farine. Verser le lait en une fois puis, tout en mélanger, faire cuire à feu doux. Lorsque la sauce est épaisse, hors du feu, saler, poivrer, ajouter les jaunes d'oeufs puis le gruyère râpé et finement haché.
Préparer les épinards en enlevant les tiges. Les blanchir à l'eau bouillante quelques minutes et les rincer à l'eau froide. Les passer au beurre et lier le tout avec un peu de sauce Mornay.
Pour chaque croustade, verser un peu d'épinards, déposer délicatement un oeuf poché et napper le dessus de sauce Mornay. Cuire au four pendant 15 à 20 minutes à 170°C.
Astuce :
Lustrer avec un peu de beurre fondu avant de servir. Ça fera plus classe !
Cela commence à quelle heure une révolution? Sans doute un peu en retard: si l’on croit les horaires sénégalais. La marche anti-Wade du 7 février devait commencer à dix heures. Mais elle débutera deux heures plus tard. Alors que l’épais nuage de poussière rouge et grise d’harmattan commence à se dissiper, comme un nuage de vapeur qui s’évaporerait alors que la température monte dans le chaudron dakarois.
Des centaines de jeunes Sénégalais sont rassemblés devant l’université Cheikh Anta Diop. Un symbole fort. Cette université est la plus prestigieuse d'Afrique de l’ouest. Un mastodonte que les Sénégalais surnomment le dragon. Un leader étudiant, Mamadou Diop, ce jeune père de famille a été écrasé le 31 janvier 2011 par un véhicule de police. Depuis lors, l’université est en révolte. Elle s’embrase régulièrement, ses murs en portent les stigmates. Depuis le début de l’année universitaire, les cours n’ont pas eu lieu. «L’année blanche sans cours devient presque inéluctable», explique un étudiant en droit.
L'université est un champ de bataille
Ce jour là une grande marche est organisée par le M23, un collectif qui regroupe les opposants au régime Wade: ceux qui refusent qu’il se présente à la présidentielle du 26 février. «Nous considérons qu’il a déjà effectué les deux mandats auxquels il avait droit. Il est au pouvoir depuis 2000. Douze ans, ça suffit», explique un jeune du M23. Il commence à s’échauffer au rap de la sono qui crache «Gorgui (le vieux en wolof) faut pas forcer». Une invitation à quitter le pouvoir pour le président âgé de 86 ans, qui souhaite effectuer un nouveau septennat.
Les manifestants veulent traverser la ville de Dakar; se rendre jusqu’au ministère de l’Intérieur et signifier aux autorités que le président Wade n’a pas le droit de se représenter. Même si le conseil constitutionnel a validé sa candidature. «Ils ont été nommé par le président Wade. Et ils ont cédé aux gratifications financières du régime», affirme l’un des jeunes en colère.
A l’annonce de la décision du conseil, des manifestations avaient éclaté dans Dakar. C’est lors de ses affrontements du 31 janvier que le leader étudiant Mamadou Diop est mort. Deux habitants de Podor dans le nord du Sénégal sont tombés sous les balles de la police.
L’université ressemble encore à un champ de bataille. De rudes combats s’y déroulent presque chaque semaine.
«L’un des grands axes qui y mène est d’ailleurs appelé couloir de la mort c’est un cul de sac si les étudiants se font attraper. Là, ils passent un très sale quart d'heure: la mort de l’étudiant Diop les a d’autant plus choqué qu’un autre étudiant avait été tué exactement le même jour, il y a onze ans» explique un étudiant qui s’enferme dans sa chambre universitaire pour éviter les mauvais coups.
L’université est en ébullition, elle attend avec impatience le début de la marche. Mais le cortège peine à se mettre en branle. «Avant de partir il faut que tous les ténors des partis d’opposition arrivent», explique l’un des responsables du service d’ordre mis en place par le M23. Ousmane Tanor, le leader du parti socialiste se ferait désirer. Qui va ouvrir le cortège les socialistes de Tanor ou les libéraux de Idrissa Seck? La bataille des égos bat son plein. Certains marcheurs font grise mine. «Nous commençons déjà à nous diviser: Macky Sall l’un des plus importants leaders de l’opposition ne participe pas à la marche. Il préfère aller faire campagne dans les milieux rurales», explique un manifestant mécontent.
«S’il commence à faire cavalier seul, c’est peut être parce qu’il sent qu’il a toutes les chances de se retrouver au second tour de l’élection», explique un autre manifestant, plus compréhensif. Il ajoute: «Macky Sall, lui au moins, il a une stratégie, il ne se contente pas de crier tout sauf Wade; l’anti-wadisme c’est un peu court comme programme».
L'Afrique et le monde observe le Sénégal
Le mouvement « Y’en marre », qui regroupe des jeunes qui veulent empêcher Wade de se présenter, n’est pas non plus de la partie. Il estime qu’il faut boycotter les élections puisque «Wade n’a pas le droit de s’y présenter». Lors des précédentes manifestations, ce sont des jeunes de Y en a marre qui drainaient les foules
Si la manifestation met tant de temps à se mettre en branle, c’est aussi en raison des craintes de violence. Présent dans la marche, Abdou Latif Coulibaly, célèbre journaliste d’investigation qui a troqué sa casquette de reporter pour celle de politicien (éphémère candidat à la présidentielle, il a choisi de soutenir Moustapha Niasse, ex-Premier ministre et candidat d’opposition) avoue ses craintes.
«Jusqu’au dernier moment ma fille de sept ans a tout fait pour me dissuader de venir. Elle m’a dit papa je ne veux pas que tu te fasses tuer.»
«Nous ne sommes pas habitué à la violence, la répression meurtrière des dernières manifestations a fait peur aux Sénégalais», confie un manifestant.
Un de ses camarades ajoute:
«On sait que toute l’Afrique regarde le Sénégal. Notre pays est considéré comme l’un des plus avancés en matière de démocratie. Si jamais Wade réussit son coup de force pour effectuer son mandat de façon anticonstitutionnel, ce sera un grave recul pour la démocratie. Mais que faire pour l’en empêcher. Si on boycotte les élections, est-ce qu’on ne fait pas son jeu?».
Des photographes occidentaux mitraillent les manifestants avec leurs zooms. Un des manifestants s’en amuse :
«Le monde entier nous observe. Tout le monde veut savoir si le printemps arabe va franchir les frontières? C’est la question que tout le monde se pose. On veut faire partir Wade, mais on ne veut pas mourir pour des politiciens. Alors on ne sait pas encore comment tout ça va se terminer».
Youssou Ndour ose défier la police
Au fur à mesure, la manifestation prend de l’ampleur. Emportés par la foule, les doutes se dissipent. Les écoliers debout devant les écoles encouragent les manifestants, d’un mot, d’un sourire complice.
Des jeunes rejoignent le cortège qui traverse les rues du centre de Dakar. Ils crient «Wade Assassin. Wade dégage ou «Wade, vieux menteur dégage». D’autres manifestants réclament la libération de Thierno Bocoum, un jeune militant de l’opposition, incarcéré à la suite des manifestations de la semaine dernière.
Trois heures de marche, les manifestants arrivent à proximité du ministère de l’Intérieur, mais un puissant barrage policier les empêche de poursuivre leur chemin.
«Ils n’ont pas le droit de faire cela nous avons tout a fait le droit d’aller jusqu’au ministre. C’est un droit que nous garantit la constitution», tempête une manifestante.
Les habitants du quartier grognent aussi. La police veut les empêcher de circuler tant que la manifestation n’est pas dispersée: les magasins ont fermé leurs portes, baissé les rideaux. Les habitants se sont refugiés sur les toits et les balcons pour assister la confrontation. Des oiseaux de proie planent dans le ciel laiteux de Dakar.
Les manifestants demandent aux leaders politiques de donner de la voix et d’approcher des policiers en arme. Une fois encore, c’est le chanteur Youssou Ndour qui ose défier la police, il s’approche d’un air confiant des hommes en armes. Lequel d’entre eux osera toucher au chanteur internationalement connu: celui dont la candidature a été invalidée par le conseil constitutionnel?
Youssou Ndour harangue la foule, lui redonne du courage, les autres leaders politiques lui succèdent. Personne ne demande aux militants d’aller défier une fois de plus la police. Personne ne veut prendre la responsabilité d’un nouveau bain de sang.
«Même Wade fait attention. Il n’a pas envie de se retrouver devant la CPI avec Gbagbo. Il a déjà sur la conscience les morts de la semaine dernière», estime un manifestant, soulagé d’avoir échappé aux coups de matraque et aux lacrymogènes.
Il s’interroge malgré tout sur la stratégie de l’opposition. A mi-voix, gagné par le doute et accablé par la chaleur sèche de l’harmattan, il se demande: «Et on va où maintenant ?»
Pierre Cherruau, directeur de la rédaction de SlateAfrique, à Dakar